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« Je t'aime » : la défaillance et la capture

août/sept. 2009

#Divers

Déclaration au cœur du pacte amoureux, un « je t’aime » peut être sincère ou hésitant, convenu ou brûlant, suppliant ou narcissique. Puisqu’elle scelle un engagement au moment même où elle s’énonce, quelle place laisse-t-elle à la liberté dans la relation amoureuse ?

« Dire à quelqu’un : “Je t’aime”, c’est lui dire : “Tu ne mourras point”. »

Gabriel Marcel

On connaît la célèbre tirade par laquelle le bourgeois gentilhomme dans Molière s’initie à l’art de la rhétorique, cher aux précieuses, et qu’il répète avec gourmandise, en la tournant et la retournant : « Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour. » Même renversée, elle continue à faire sens. La galanterie comme code de l’aristocratie cumule à cette époque trois défauts rédhibitoires : l’obscurité, la feinte et le ridicule. Les philosophes, Rousseau en tête, apôtre de l’authenticité, ne manqueront pas de la soumettre au feu de la critique. On omet toutefois d’imaginer qu’elle pouvait, dans ses outrances, être parfois sincère.

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