Dans le même numéro

La démocratie : entre libéralisme et radicalité

août/sept. 2015

#Divers

Dans Droit et démocratie, Habermas interroge la démocratie en essayant de relier théorie philosophique et constats empiriques de sociologie ou de science politique, pour refuser l’opposition entre une normativité idéale et un « réel » nécessairement prosaïque et éclaté. Ce faisant, il a suscité le débat, certains lui reprochant de défendre la démocratie libérale en oubliant la critique sociale héritée de l’École de Francfort.

Plus de vingt ans après la première parution de Faktizität und Geltung (1992)1, on constate, à le relire, que l’ouvrage n’a rien perdu de son actualité. Certes, le contexte théorique n’est plus exactement le même. La théorie de la justice de John Rawls et la théorie luhmanienne des systèmes ne sont pas oubliées, mais elles ne constituent plus, à la manière dont elles le faisaient au début des années 1990, le cadre pour ainsi dire obligé dans lequel une théorie de la politique doit se situer. Pourtant, les défis majeurs que Habermas identifiait à l’époque comme étant ceux auxquels les démocraties modernes sont confrontées : la bureaucratisation du pouvoir politique et de son administration, la dégradation de l’environnement, l’immigration d

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !