Arthur Rimbaud | https://pignon-ernest.com
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La mémoire autrement ?

Ernest Pignon-Ernest et les fantômes de l’histoire

Ernest Pignon-Ernest compte parmi les artistes qui interrogent la manière dont la mémoire est construite et mise en scène dans nos villes. Ses œuvres graphiques font le choix de l’éphémère plutôt que du pérenne et investissent l’espace pour y montrer un patrimoine oublié.

« Je travaille sur des villes, elles sont mon vrai matériau. Je m’en saisis pour leurs formes, leurs couleurs, mais aussi pour ce qui ne se voit pas, leur passé, les souvenirs qui les hantent1. »

Attaques et destructions de statues, dé-commémorations : la mémoire célébrée dans l’espace urbain par la statuaire publique suscite toujours plus de controverses et de polémiques depuis le printemps 2020, marqué par les déboulonnages. Devenues les symboles détestables de l’esclavage, certaines statues ne trouvent plus leur place dans l’espace public urbain. Plus généralement, ces monuments à la postérité, faits de marbre et de bronze, juchés sur de hauts piédestaux, interrogent. À bien des égards, ils semblent venus d’un autre âge. La politique de la mémoire dans l’espace public a traditionnellement fait le choix des matériaux nobles et pérennes, pour inscrire dans le temps la postérité d’un récit ou d’une figure historique. Ne serait-il possible, pour la mémoire collective, de faire le pari de l’éphémère ? Au lieu du marbre et du bronze, le papier et le fusain ? Au lieu d’une volonté

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Charlotte Guichard

Ancienne pensionnaire de la Villa Médicis, Charlotte Guichard est historienne de l'art et directrice de recherche au CNRS (Institut d'histoire moderne et contemporaine). Elle a notamment publié Les Amateurs d'art à Paris au XVIIIe siècle (Champ Vallon, 2008), Graffitis. Inscrire son nom à Rome (XVIe-XIXe siècles) (Seuil, 2014) et La Griffe du peintre. La valeur de l'art (1730-1820) (Seuil, 2018).…

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Force structurante de notre modernité, le libéralisme concentre ces dernières années toutes les critiques. Mais lorsque certains fustigent la société du tout marché, l’individualisme et l’égoïsme contemporains, l’élitisme, les inégalités ou l’autoritarisme, est-ce bien à l’idée libérale qu’ils en ont ? La démocratie peut-elle se passer du libéralisme ? C’est à ces questions que s’attache ce dossier, coordonné par Anne-Lorraine Bujon. Le libéralisme y apparaît d’abord comme une tradition plurielle, capable de se renouveler et de se combiner avec d’autres courants de pensée politique. Timothy Garton Ash le définit comme une méthode plutôt qu’un système : « une quête interminable pour déterminer le meilleur moyen de bien vivre ensemble dans les conditions de la liberté ». À quelles conditions, et dans quelles formes nouvelles peut-on défendre aujourd’hui l’idée libérale ? À lire aussi dans ce numéro : l’Allemagne après la réunification, les pays baltiques, la mémoire selon Ernest Pignon-Ernest, une lecture de Nœuds de vie de Julien Gracq, et la vie de Konrad von Moltke, le délégué de la nature.