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Mariage annulé : les paradoxes du jugement de Lille

juillet 2008

#Divers

En annulant un mariage au motif que l’épouse avait tu à son futur mari la perte de sa virginité, le tribunal de Lille a suscité un débat enflammé sur la liberté sexuelle des femmes et les ravages de l’obscurantisme religieux. À part Rachida Dati, la garde des Sceaux, le monde politique et les associations féministes ont dénoncé les dangers de ce jugement : la secrétaire d’État à la solidarité, Valérie Létard, a critiqué une « atteinte à l’intégrité » des femmes. Le Parti socialiste a jugé cette décision « atterrante » et Ni putes ni soumises a lancé une pétition dénonçant une « véritable fatwa contre la liberté des femmes ».

Le consentement, une affaire publique ?

Le paradoxe de cette décision est qu’elle est fondée sur une notion que l’on associe volontiers à la modernité : le libre consentement des époux. Dans son jugement, le tribunal de Lille ne dit pas que la virginité sera demain une exigence imposée à tous les mariés ou qu’elle constitue désormais une « qualité essentielle » des conjoints, mais que le silence de la jeune femme a pesé sur la décision du jeune homme. Les magistrats n’érigent donc pas la virginité en condition préalable du mariage : ils affirment, sur la foi des déclarations des époux, que le jeune homme ne se

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