Bonnefanten museum, Maastricht | Photo de Christian Fregnan
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La dotation de la culture

Dans un contexte où les institutions culturelles ont perdu leur public, l’État doit soutenir la création, pour que les mécènes suivent.

En ce qui concerne le rapport de l’argent privé à l’argent public dans la culture, il existe une énorme différence entre les États-Unis et l’Europe, et à l’intérieur de l’Europe, entre les pays où j’ai eu la chance de travailler (le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Pays-Bas et la France).

Le mécénat en France et aux États-Unis

Ayant travaillé au PS1 de New York à la fin des années 1990, alors que cette institution s’affiliait au MoMA, je commençais toutes mes journées avec un cash-flow (trésorerie) négatif de 15 000 dollars. Pendant l’été, nous avons dû licencier, parce que nous n’avions pas d’exposition et donc pas de mécène ni d’argent privé. Cette dépendance de la culture à l’argent privé est toujours d’actualité aujourd’hui encore aux États-Unis. C’est même devenu pire. Ce qui est curieux, c’est que très peu d’organismes osent toucher au tabou de leur endowment (dotation), qui est plus qu’un fonds de roulement. Rares sont ceux qui ont le courage d’y piocher, pour garder le personnel par exemple, parce que c’est tabou. Mais cette dotation représente tout de même un avantage, parce que

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Chris Dercon

Historien de l'art, il est le président de la Réunion des musées nationaux - Grand Palais.

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Selon ce dossier coordonné par Carole Desbarats et Emmanuel Laurentin, les institutions culturelles sont confrontées depuis quelques temps à des enjeux que l’épidémie de coronavirus a rendus plus aigus encore. Alors même que le confinement a suscité une forte demande de culture, beaucoup de ces institutions sont aujourd’hui face à un tournant. À lire aussi dans ce numéro : Trump contre l’Amérique, des élections par temps de pandémie et des jeunes sans bercail.