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Sur le front de l'écologie. Entretien avec Delphine Batho

janv./févr. 2018

#Divers

L’écologie est portée par la société, mais elle est toujours considérée par le pouvoir comme une force d’appoint. Elle constitue pourtant, aux niveaux national, européen et international, la seule alternative crédible

 

Comment qualifieriez-vous aujourd’hui la situation de l’écologie en France ?

Forte culturellement, mais faible politiquement. Le hiatus va grandissant entre l’aspiration de plus en plus forte des citoyens à une alimentation saine, au respect du climat et de la biodiversité d’un côté, et la représentation politique de l’autre. Dans les orientations du nouveau pouvoir, l’écologie est toujours traitée comme un supplément d’âme ; elle n’a pas une place fondamentalement différente de celle qui lui a été accordée lors du précédent quinquennat. On le voit dans la hiérarchie des priorités : le gouvernement supprime l’impôt de solidarité sur la fortune (Isf) et adopte les ordonnances sur le Code du travail tout de suite, mais pour organiser la sortie des énergies fossiles, pour sauver les abeilles, pour arrêter de nous empoisonner au glyphosate, il affirme que les décisions prendront du temps.

En réalité, les résistances des lobbies économiques ou industriels, qui ont l’oreille attentive du pouvoir, sont toujours les mê

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Delphine Batho

Députée des Deux-Sèvres, elle a été ministre de l'Ecologie du second gouvernement Ayrault, et a publié Insoumise (Grasset, 2014). 

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Devant la pression sur les ressources naturelles, le projet écologique est le seul qui fasse durablement monde. Ce dossier appelle à un approfondissement de la solidarité et souligne l’urgence d’une transformation de l’Etat, de nos sociétés, de nos concepts politiques et de nos imaginaires.