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Sur un détail de Manet

juin 2006

#Divers

À la manière de Daniel Arasse, le théoricien de l’art s’intéresse ici à un détail d’Un bar aux Folies-Bergère : l’incohérence, qui ne peut être fortuite, du reflet des personnages dans le miroir. Que nous apprend-il sur l’art de Manet ?

Ce texte a tout d’abord été présenté oralement lors d’une soirée d’hommage à Daniel Arasse à l’auditorium du Louvre le 27 mai 2004.

Mon cher Daniel. Nous sommes réunis pour parler de toi sans te parler. Pardonne-moi, je n’arrive pas encore à parler de toi sans te parler. Je suis en deuil, et tu sais ce qu’il en est du deuil, je l’ai bien vu en lisant ton superbe et courageux Kiefer1. Les morts n’ont plus l’usage de la première personne, mais ils vivent à la deuxième dans le cœur de leurs proches, de leurs amis et, comme c’est mon cas, de leurs admirateurs. On continue de s’adresser à eux tant que le deuil n’est pas accompli, on parle d’eux ensuite pour entretenir la mémoire. Je pense, je souhaite, j’espère, je ne doute pas qu’on parlera longtemps de toi. Ton travail d’historien de l’art a d’ores et déjà sa place dans l�

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