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Levinas et Lyotard : la dette politique

janvier 2007

#Divers

Jean-François Lyotard a reçu l’enseignement d’Emmanuel Levinas de plein fouet. Mais il l’a déplacé : alors que Totalité et infini en appelle à la transcendance de « l’autre homme », « celui qui fait entrer en moi ce qui n’entre pas », J.-F. Lyotard fait de l’« extériorité » l’opérateur abstrait d’une « effraction » qui affecte tous les champs de l’expérience, l’éthique mais aussi la politique. En ce sens, la dette de Lyotard envers l’éthique de Levinas donne lieu à un désaccord sur leurs conceptions respectives du politique.

La rencontre de Jean-François Lyotard avec la pensée d’Emmanuel Levinas a été forte et durable. Elle s’est cristallisée en une dette qu’on pourrait bien dire une « dette à la dette ». Lyotard doit à Levinas un enseignement de la dette, l’affirmation d’une « étrangèreté » dont toute pensée est débitrice pour autant qu’elle pense plus et autrement qu’elle ne sait. Un excédent déborde l’expérience, qui saisit et dessaisit l’esprit, impuissant à s’approprier ce dehors par lequel il se sent tenu. Ce que Lyotard constate après coup avoir toujours tenté de réserver sous des noms divers – « travail, figural, hétéro

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