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En regardant les tableaux des «primitifs flamands»…

juillet 2009

#Divers

Qu’est-ce qui peut autoriser un incroyant à interroger la figure du Christ alors même que cette personne qui questionne est dégagée de tout dogme, de toute allégeance à quelque parole que ce soit ? Sans doute ce choc ressenti face à des toiles émergeant de la longue nuit où l’art était cantonné, s’imposant comme la marque de la modernité, de l’appropriation du monde par la peinture. Et la rencontre renouvelée avec ce Mystère que les peintres ont su porter à son incandescence en ce début de l’ère moderne : cet homme souffrant, et inlassablement au fil des tableaux, cet homme tellement homme qu’il en devient représentable et ainsi tout proche de l’humanité pour laquelle il figure la douleur extrême, Lui figé, piégé par ce qui l’attend. Jésus témoigne, par la mise en scène sans cesse renouvelée de la Passion, de sa présence inaliénable à notre monde d’en bas, de sa proximité avec ce que l’homme a de plus intime : sa faiblesse de roseau qui ploie sous plus fort que lui mais que cette courbure même fonde chêne. La mise en croix n’est que la métaphore de ce qui, en nous, aspire à la punition, avec l’espérance d’une élévation possible, d’une sublimation. C’est cela qu’apporte la peinture qui émerge en ce début du xve siècle en Flandres : une annulation

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