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Un régime immobile au milieu des révolutions

décembre 2011

#Divers

Le régime algérien est fondamentalement paradoxal, à la fois fort et faible, condamné à bouger avec la succession prévisible d’Abdelaziz Bouteflika mais en état de crispation. Entre désir de liberté et peur du chaos, les Algériens vont observer avec attention la suite des événements en Tunisie et en Égypte, tandis que le pouvoir cherchera à réaffirmer son rôle régional.

Un an après le début des révoltes arabes, l’Algérie fait toujours figure d’exception dans la région et la situation y est très incertaine. La nature du système militaire installé depuis l’indépendance en 1962 est connue. Ce régime totalitaire, même pas éclairé, a su se doter d’une apparence – une façade démocratique – derrière laquelle il règne à coups de mensonges, de manipulations et de répression, en jouant habilement sur la fibre nationaliste. Les conséquences de ce mode de gestion sont moins connues, mais terribles : le régime a instauré sa pérennité et son unité par le désordre et par les déchirements répétés au sein d’une société qu’il a grandement contribué à casser, diviser, défigurer, et qui aujourd’hui ne croit plus en rien ni en personne, si ce n’est en des stratégies de survie individuelles qui se résument souvent à la participation à des réseaux de business qui ramènent des marchandises de Turquie ou de Chine. Sur le terrain, cette gestion par la confusion et l’insécurité prend un tour concret. Dans certains quartiers, les autorités remettent ponctuellement le pouvoir entre les mains de délinquants violents pour rétablir l’ordre. Les barrages de gendarmerie se confondent souvent avec des postes de péage qui rackettent les transports de marchandises. Des bandes de gamins mettent les trottoirs en coupe réglée et exigent leur dû pour autoriser le stationnement.

Le savoir-faire du régime pour « casser » toute velléité de soulèvement à caractère politique ne suffit toutefois plus à garantir son avenir. Ni à prévoir comment la situation peut évoluer à moyen ou même à court terme.

Quatre incertitudes majeures

Il y a quatre raisons à ce manque de visibilité. D’une part, les incertitudes sur la succession présidentielle prévue en 2014. Malade, Abdelaziz Bouteflika peut difficilement se présenter pour un quatrième mandat. Il n’apparaît plus que par intermittence et serait « dopé » pour faire bonne figure lors de ses rendez-vous avec des personnalités étrangères. Comment le système et le tout-puissant patron des services de renseignements, le général Médiène, qui laissent désormais les mains totalement libres à Bouteflika, comme pour pouvoir désigner, si besoin en était, un bouc émissaire de choix, vont-ils gérer cette situation ? Difficile à dire, car ils se retrouvent face à un dilemme qu’ils ne parviennent pas à résoudre depuis la fin de la guerre civile (début des années 2000) : initier une ouverture qui… garantisse le statu quo, et trouver pour mener cette mission un homme politique qui soit à la fois assez crédible sur la scène nationale et surtout internationale et totalement fiable à leurs yeux ! Une chose est sûre : en Algérie, les successions présidentielles sont toujours délicates et les conflits qu’elles provoquent au sommet de l’État se règlent souvent par l’instrumentalisation de la colère de la rue. La conjonction d’une pression externe – les soulèvements arabes – et interne (une partie de la nouvelle génération de généraux quinquagénaires serait exaspérée face à un pouvoir qui refuse de l’intégrer à la décision et mène le pays à sa perte, et eux avec !) rend donc la gestion de l’après-Bouteflika potentiellement dangereuse et imprévisible, d’autant qu’elle survient au moment où le problème de la succession du général Médiène ne tardera pas à se poser, comme se pose de facto celui de la relève de la génération des très hauts gradés qui ont été aux commandes pendant toute la guerre civile de la décennie 1990, et dont plusieurs sont morts (Larbi Belhkheir et Smaïl Lamari) ou en retraite (Khaled Nezzar ou Mohamed Lamari).

Deuxième raison : les révoltes arabes ont isolé l’Algérie, qui fait figure de dinosaure dans la région. La chute et la mort de Kadhafi et les élections tunisiennes constituaient déjà un concentré du pire cauchemar des dirigeants algériens : la mise à bas d’un tyran par son peuple – quelle qu’ait pu être l’aide de l’Otan et du Qatar – et une victoire des islamistes à des élections libres. La quasi-impossibilité du régime syrien à se maintenir alors qu’il est fondé, à l’instar de son homologue algérien, sur la toute-puissance des appareils sécuritaires, est encore plus anxiogène au moment où l’Algérie se sent déjà « cernée » par une révolution pacifique et une insurrection militaire triomphante, et vit comme un camouflet les satisfecit internationaux décernés à son grand voisin/rival marocain pour ses réformes.

Troisième élément d’incertitude : l’existence d’une réelle violence au sein de la société algérienne. Si celle-ci est contenue, nul ne peut jurer qu’elle n’explose un jour de manière brutale.

Enfin, l’inconnue islamiste ajoute au manque de lisibilité. Si l’islamisme politique n’existe plus aujourd’hui sous une forme structurée et organisée, il peut néanmoins resurgir à la faveur d’un bouleversement et, presque sûrement, en cas d’élections libres. En attendant, une décennie après la guerre civile, l’islamisation rampante de la société est en marche. Les bars ferment à tour de bras dans le pays, le port du voile pour les femmes est devenu presque la norme, y compris à Alger, et de plus en plus de jeunes font le pèlerinage à La Mecque. Signe d’une religiosité galopante ? Volonté d’échapper à l’enfermement créé par la fermeture de toutes les portes européennes devant les Algériens ? Reflet de l’orientalisation d’une société qui, chaînes de télévision arabes aidant, calque de plus en plus ses habitudes et ses modes sur les pays du Golfe ? Une chose est sûre : cette évolution se fait avec, si l’on ose dire, la bénédiction d’un régime dont certains secteurs l’encouragent tout en utilisant la multiplication des accrochages armés pour signifier que le « péril islamiste » est toujours là ! Corollaire : les Algériens, mais aussi la communauté internationale, doivent comprendre qu’une démocratisation trop rapide ne profiterait qu’aux intégristes.

Endiguer la contestation

Paniqué par les révoltes arabes, le régime algérien nourrit une triple obsession : se prémunir de la « contagion », se protéger d’éventuelles pressions internationales en faveur du changement et désamorcer la contestation interne. Pour ce faire, il réagit (plus qu’il n’agit) sur les scènes intérieure et régionale.

Dans le pays, il intervient sur trois fronts : premièrement, en annonçant une série de réformes cosmétiques qui ne visent qu’à tenter de maintenir le statu quo et à gagner du temps jusqu’aux élections législatives de 2012. En espérant que d’ici là, les révoltes arabes auront mal tourné ou créé assez de désillusions pour refroidir les aspirations des Algériens au changement. Ces réformes ne présentent en effet aucune avancée réelle, ni sur l’information, ni sur les associations, ni sur les partis politiques, puisque le dernier mot revient toujours à l’administration. Quant au énième projet de révision constitutionnelle, il ne trompe personne. La Constitution algérienne accorde en effet aux Algériens droits et libertés, et toutes les institutions démocratiques existent : Conseil constitutionnel, Cour des comptes, Conseil d’État, Parlement, Sénat… Mais tout cela est purement formel et relève du village Potemkine. Le problème ne tient donc pas à la Constitution mais au fait que le régime viole en permanence ses propres lois et a vidé les institutions de tout pouvoir. L’indifférence sidérale qui a accueilli ces réformes en dit d’ailleurs plus long que tous les discours sur le crédit que l’opinion leur accorde.

Deuxièmement, le régime dépense sans compter, grâce à sa mainmise sur les hydrocarbures, pour acheter la paix sociale. Au total, la loi de finances complémentaire pour 2011 autorise une hausse de 25 % de la dépense publique prévue initialement. Les subventions aux produits de première nécessité ont triplé, alourdissant tellement la facture pour l’État qu’Alger tente aujourd’hui de faire passer l’idée qu’« il faut soutenir les pauvres, pas les prix ». Les augmentations de salaire dans le secteur public ainsi que la revalorisation des pensions des retraités peuvent aller jusqu’à 40 %, pour ne citer que ces exemples.

Troisième « précaution » pour empêcher qu’une étincelle finisse par mettre le feu à une grogne populaire généralisée : une répression feutrée, plus « souterraine », mais dure et parfaitement ciblée. Les microrévoltes sont dispersées à coups de pierres et de grenades lacrymogènes et les arrestations suivies de peines de prison ferme. Les détenus servent ensuite de monnaie d’échange, à la fois pour ramener le calme et soumettre la population. Les enlèvements constituent une autre manière d’entretenir un climat d’insécurité et de peur. Touchant des commerçants ou des entrepreneurs, ils sont monnaie courante en Kabylie, région dont Alger se méfie toujours. Attribuées à des « mafias locales » ou des « bandes armées » – qui réclament des rançons pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros –, ces séquestrations ne suscitent aucune réaction officielle, tandis que la police refuse souvent d’enregistrer les plaintes.

Un autre type d’enlèvement, habituel pendant la guerre civile et que l’on peut qualifier de « dissuasif », refait par ailleurs son apparition. Il frappe ceux qui osent enfreindre les « lignes rouges » du régime, et particulièrement tout ce qui a trait à son impunité. Ces dernières semaines, deux hommes au moins ont été enlevés en plein jour. Il s’agissait pour l’un d’eux, Nourredine Belmouhoub, d’obtenir qu’il retire sa plainte contre l’ex-ministre de la Défense, le général Khaled Nezzar, plainte qui avait abouti, en octobre dernier, à l’audition en Suisse de l’ex-homme fort du régime pour « suspicion de crimes de guerre ». Belmouhoub n’est « réapparu » que trois à quatre jours plus tard grâce à une campagne très active sur l’internet.

Une société en ébullition

Il ne faut en effet pas se tromper sur l’apparente démobilisation de la société algérienne. Certes, de grands rassemblements analogues à ceux observées en Tunisie, Libye, Syrie ou Yémen ne paraissent pas d’actualité pour les raisons que l’on sait : traumatisme d’une guerre civile qui a duré plus de dix ans et a fait 200000 morts et de 10000 à 15000 disparus ; refus de s’embarquer dans un processus susceptible d’entraîner de nouvelles violences ; découragement et méfiance liés à la certitude d’être manipulé.

Pour autant, la société bouillonne : les jeunes tentent de s’organiser hors des cadres traditionnels ou partisans. Les grèves dures se multiplient dans tous les secteurs et mettent en avant des syndicats autonomes si offensifs, en dépit du harcèlement qu’ils subissent, qu’ils ont réussi à pénétrer la Sonatrach, la puissante société nationale des hydrocarbures. Le dernier rapport de la Banque mondiale tire par ailleurs la sonnette d’alarme sur une évolution inquiétante en raison de la précarité qu’elle implique : l’emploi non permanent domine désormais le salariat, passant de 35 % à 50, 3 %. Devenu la règle dans le secteur privé, il s’installe aussi dans le public.

Du coup, le facteur déclencheur d’une révolte peut surgir n’importe où et pas forcément dans la rue : dans les lycées, les hôpitaux, les universités, les comités de défense des chômeurs – seules colères sociales que le gouvernement ne parvient pas à désamorcer. De même, il ne parvient pas à venir à bout des émeutes, qui s’apparentent à de véritables jacqueries, pour réclamer le minimum vital (logements sociaux, routes goudronnées, distribution d’eau, de gaz ou d’électricité…) ou protester contre trop d’arbitraire (destruction de constructions « illicites » ou morts suspectes dans des commissariats). Mais le régime a appris à instrumentaliser une partie de ces microrévoltes au profit de ses clientèles. Il invoque désormais une « situation d’urgence », par exemple à propos du goudronnage d’une route, ce qui lui permet de se dispenser de tout appel d’offres. Une manière d’augmenter très sensiblement le montant d’un contrat attribué, bien sûr, aux amis des cercles dirigeants… L’enjeu pour les militants est donc de transformer cette culture de l’émeute qui, au bout du compte, arrange les autorités, en sit-in, meetings et autres manifestations pacifiques. Mais c’est loin d’être acquis : si la société est en ébullition permanente, elle est aussi désespérée et sans repères. Toutes les solidarités traditionnelles ont explosé. Les immolations sont devenues des suicides ordinaires, l’automutilation a pris récemment des proportions préoccupantes et fuir le pays par la mer – la harga – est vécu comme la seule issue par des milliers de jeunes en dépit de peines de prison allant de deux à six mois ferme pour toute personne qui « tente de quitter l’Algérie illégalement ». Phénomène nouveau : de nombreuses femmes embarquent désormais avec leurs enfants. Un jeu de mots terrible repris par tous les jeunes résume ce mal-être généralisé : Algé-Rien.

En réalité, le régime est conscient du danger qu’il court en restant immobile, mais il sait que toute ouverture peut le balayer. Il a donc opté pour une autre stratégie, qui consiste à assimiler le changement au chaos et, de manière plus pernicieuse, à l’associer à une intervention étrangère quasi automatique. Avec un succès inattendu. Il est vrai que, dans un pays où la fibre nationaliste est légitimement très sensible, dénoncer des « bombardements français sur un pays arabe » (la Libye) revient à jouer sur du velours. Mais il n’est pas moins vrai que la généralisation d’un sentiment antifrançais très fort – renforcé par l’arbitraire et la dureté des circulaires Guéant – ainsi que l’unanimisme des condamnations des rebelles libyens, coupables d’avoir appelé la communauté internationale en général et la France en particulier à la rescousse pour empêcher Kadhafi de continuer à massacrer son peuple, sont saisissants.

Faut-il y voir le reflet d’un certain enfermement ? Celui-ci semble en tout cas prendre l’allure d’une sorte de paranoïa collective au terme de laquelle l’Algérie serait « la prochaine cible de l’Otan » ou d’une « alliance d’intérêts prête à la déstabiliser, voire à désintégrer son unité ». Si cet élément de psychologie collective est troublant, c’est moins en raison de l’exploitation qu’en fait le régime, que parce qu’il permet de se demander si les révoltes arabes n’ont pas seulement isolé Alger mais aussi une partie des élites algériennes, sans épargner certains opposants et intellectuels qui se sont pourtant battus avec un courage exemplaire pendant la guerre civile pour obtenir une « enquête internationale » sur les massacres jamais élucidés mais attribués officiellement aux islamistes armés.

Créer le chaos qu’on combattra demain

Reste la partie moins visible de l’iceberg : la capacité des autorités algériennes à jouer sur une ultime corde, dangereuse car porteuse de dérapages violents : le levier sécuritaire. Le régime a non seulement soutenu Kadhafi comme si sa propre survie en dépendait, mais il tente de « préserver » tant que faire se peut aujourd’hui celui d’Assad, bien que plus discrètement et sur le seul plan diplomatique, en raison sans doute du large consensus régional et international anti-Assad et d’une volonté de se racheter auprès de l’opinion arabe et algérienne, ce qui ne va pas sans faire grincer des dents dans le monde arabe. Excédé par les tentatives algériennes de ménager le régime syrien au cours d’une réunion de la Ligue arabe, le ministre qatari des Affaires étrangères a ainsi lancé à son homologue algérien : « Ne défendez pas trop la Syrie, car quand votre tour arrivera, vous aurez certainement besoin de nous. » Le torrent de démentis algériens de cet incident témoigne à lui seul de l’isolement grandissant des autorités et de leur difficulté à « gérer » la nouvelle situation arabe. Y compris s’agissant de la révolution pacifique dans la Tunisie voisine. Certaines opérations de déstabilisation à la frontière tunisienne demeurent ainsi mystérieuses. L’exemple le plus spectaculaire reste l’intrusion de neuf 4 × 4 équipées de batteries anti-aériennes dans un gouvernorat tunisien frontalier de l’Algérie fin septembre. Après de violents combats, un hélicoptère de l’armée tunisienne a fini par détruire sept véhicules au cours de cette opération énigmatique qui a fait six morts et sur laquelle rien n’a filtré.

C’est là qu’intervient Aqmi, dont la responsabilité dans ces attaques est mise en avant. L’opacité qui entoure cette nébuleuse incite toutefois certains observateurs à se demander si Alger ne contribue pas à créer aujourd’hui le chaos qu’on lui saura gré de combattre demain. Quoi qu’il en soit, la multiplication des incidents dans la région – y compris les enlèvements d’étrangers au Mali ou ceux, rocambolesques, d’humanitaires dans un camp du Front Polisario, c’est-à-dire en territoire algérien et donc sous haute surveillance – fait au minimum et doublement l’affaire de l’Algérie. Ces incidents légitiment le rôle de « puissance garante de l’ordre régional » qu’elle revendique avec force et signifie par ailleurs aux Occidentaux que toute pression en faveur du changement serait malvenue au moment où Alger fait tout pour combattre les menées d’Aqmi dans la région.

Au-delà du réveil du mouvement social et d’une grogne populaire qu’il reste à organiser et à fédérer, l’avenir de l’Algérie est en réalité impossible à dissocier du devenir des révoltes arabes. Toute stabilisation et toute avancée démocratique réelle en Tunisie, mais aussi en Libye et en Syrie, seront une réelle bouffée d’oxygène pour les Algériens. A contrario, si les transitions venaient à tourner court, le problème des autorités serait résolu pour un temps. En ce sens, l’évolution de la situation en Égypte est déterminante : elle sert désormais de référent aux militaires algériens. Si leurs homologues égyptiens parviennent finalement à (ré)imposer leur pouvoir sur la société, l’Algérie redoutera moins une énième « restauration » de son système. Sinon, tout est possible dans un pays où le régime est à la fois faible, à bout de souffle et fort. Fort d’une vieille capacité à se restaurer pour se perpétuer sans rien changer, de ses réserves en devises – environ 150 milliards de dollars –, de la certitude qu’aucune force organisée ne peut se constituer au sein de l’armée, de son impunité sur la scène internationale et de son pouvoir de nuisance. Faible de l’isolement dans lequel l’ont plongé les révoltes arabes, les pressions internes et, paradoxalement, les sommes d’argent énormes qui circulent dans le pays quand l’espace public est, lui, en lambeaux. Un pouvoir susceptible, donc, de se maintenir, mais à la merci d’une étincelle qui embrase tout sans que personne ne soit plus en mesure de rien contrôler. Un futur en somme très difficile à anticiper et un régime capable, en cas de malheur, de toutes les fuites en avant.

Le 22 novembre 2011

  • *.

    Journaliste indépendante, spécialiste du Maghreb, sur lequel elle a longtemps écrit pour Libération. Elle collabore aujourd’hui à plusieurs revues françaises et étrangères, notamment à la version francophone de Foreign Policy. Elle a coordonné l’ouvrage le Drame algérien. Un peuple en otage, Paris, La Découverte, 1996.