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Simone Weil, l'Enracinement, la décolonisation

août/sept. 2012

#Divers

Écrit alors qu’elle travaillait dans les services de la France libre, l’Enracinement ne traite pas seulement de la Résistance et de la reconstruction du pays. C’est une méditation paradoxale sur la politique : vouée aux rapports de force et à la lutte, la politique est dénuée de grandeur. Pourtant, sans elle, les valeurs spirituelles risquent de disparaître. Mais l’éloge de la Résistance française ne doit pas faire oublier les dommages de la colonisation et la condition des prolétaires, ce que le concept d’enracinement permet de penser d’un même mouvement.

C’est dans les services de la France libre à Londres que Simone Weil, travaillant pour le Comité général d’études, l’organe de réflexion du Conseil national de la Résistance à qui est confiée la mission de préparer la réorganisation politique, administrative, institutionnelle et économique de la France, écrit en 1942 et 1943 plusieurs textes réunis dans les Écrits de Londres, ainsi que l’Enracinement, son deuxième livre, publié en 1949 par Albert Camus qui le décrit ainsi :

On lui demande en 1943 un rapport sur la situation morale de la Fran

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