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L’Occident dans une planète décentrée (entretien)

février 2009

#Divers

Avec la fin de la « séquence occidentale », la géographie du monde a changé : elle ne s’organise plus à partir d’un centre qui rayonnerait sur une périphérie dominée. L’interprétation de la modernité n’est plus le privilège de l’Occident : loin de constituer un recul pour l’Europe, c’est une chance de relire nos traditions qui s’ouvre à nous si nous savons écouter les auteurs du mouvement postcolonial.

Esprit – Comment votre dernier livre, le Commencement d’un monde, intervient-il dans la succession d’enquêtes que vous avez menées depuis plus d’une décennie, depuis la Trahison des Lumières. Enquête sur le désarroi contemporain1 ?

Jean-Claude Guillebaud – J’ai écrit cet ouvrage pour deux raisons. La première est que lors des rencontres publiques auxquelles j’ai eu l’occasion de participer pour présenter l’un ou l’autre livre de cette série, on me pose toujours la même question : « Vos analyses peuvent-elles concerner un Chinois ou un Indien ? Ne sont-elles pas occidentalo-centrées ? » C’est une vraie question, difficile, que j’ai voulu ici prendre de front. La seconde raison n’est pas très originale : j’ai été très marqué, comme tout

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Jean-Claude Guillebaud

Écrivain, essayiste, conférencier et journaliste (il a reçu le prix Albert-Londres en 1972), Jean-Claude Guillebaud est notamment l'auteur de La Tyrannie du plaisir (Points, 2007), Une autre vie est possible (Pocketn 2014) et dernièrement de La Foi qui reste (L'Iconoclaste, 2017).

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