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Dans le même numéro

Les puissances de l'indignation. Entretien

mars/avril 2016

#Divers

Entretien avec Frédéric Lordon

Nos institutions procèdent des affects communs de la multitude, qu’ils soient conservateurs ou au contraire séditieux dans l’indignation. L’art de la politique consiste à capter les colères.

Frédéric Lordon est un économiste accablé par l’aveuglement formaliste de sa discipline, et qui est allé guérir cet accablement du côté de la philosophie. Celle de Spinoza, en particulier, qui lui a permis de construire un concept d’« intérêt » irréductible au calcul rationnel de l’homo œconomicus. Engagé dans une critique sans concession du capitalisme financier et des politiques européennes d’austérité, Frédéric Lordon ne sacrifie pas pour autant l’exigence analytique qui le porte à expliquer les logiques affectives à l’œuvre dans le social. À partir de Spinoza, il revient ici sur le rôle politique des affects et les puissances à l’œuvre dans l’indignation.

Esprit – Dans votre travail de confrontation entre l’ontologie spinoziste et la théorie du social, vous insistez sur le rôle des affects dans la formation des institutions. Or on associe souvent la colère à un sentiment anti-institutionnel,

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

LORDON Frédéric

Dans le même numéro

Colères

Pour son numéro double de mars-avril, la revue consacre le dossier central à la question des colères. Coordonné par Michaël Fœssel, cet ensemble original de textes pose le diagnostic de sociétés irascibles, met les exaspérations à l’épreuve de l’écriture et se fait la chambre d’écho d’une passion pour la justice. Également au sommaire de ce numéro, un article de l’historienne Natalie Zemon Davis sur Michel de Certeau, qui reste pour le pape François « le plus grand théologien pour aujourd’hui », ainsi que nos rubriques « À plusieurs voix », « Cultures » et « Librairie ».