Dans le même numéro

Aux antipodes

Vivre entre mes deux langues-cultures

juin 2019

#Divers

Originaire d’une double culture franco-vietnamienne, la famille de l’auteure a choisi le français comme langue maternelle, obligeant l’auteure à apprendre le vietnamien, qu’elle n’entendait que comme une mélodie secrète, par elle-même. Elle continue d’explorer cette zone entre deux langues-cultures, faite de dialogue et de traduction, et refuse la notion d’identité.

«Vivre de paysage,

une ressource qui ne tarit pas[1].»

Entre mes deux langues-cultures – française et vietnamienne – jamais équilibrées, le voyage reste dérangeant. Allers et retours incessants, de chocs en adaptations, de deuils en retrouvailles, je n’ai pas vécu pleinement d’un paysage. Le parcours est pourtant jalonné de scènes familières. M’efforçant de décentrer mon point de vue, à chaque fois, une transformation s’opère en moi. Je ne sais plus ce qui change : moi-même, ma pensée, ma vision du monde ? Ou bien le paysage même ?

Deux points de départ aux antipodes. Le premier est ma langue-culture française : même si celle-ci fut d’emblée maternelle, elle n’a pas été pour moi si évidente, jamais complètement acquise. Je l’ai défendue, affirmée, travaillée au corps pour la rendre mienne. Le second est la langue-culture vietnamienne qui m’a paru très difficile pour me l’être appropriée tardivement. J’ai ainsi parcouru un chemin bien escarpé, entre la France et le Vietnam, dans les deux sens, pour essayer de comprendre commen

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Mai Lan Vidal

Responsable presse et logistique du festival VO-VF, elle a publié « L’intégration à la vietnamienne » (Esprit, mai 1997).

Dans le même numéro

Dans un dossier sur « Le soulèvement algérien », coordonné par Hamit Bozarslan et Lucile Schmid, Esprit salue un mouvement non violent de revendication démocratique qui vise à en terminer avec un régime autoritaire et corrompu. Le souci de dignité permet aux Algériens de renouer avec leur conscience historique. À lire aussi dans ce numéro : un entretien avec Karol Modzelewski, un hommage à Pierre Hassner et une philosophie de l’événement.