Exposition "Femme ou rien". "Meeting", 2020, Acrylique sur toile, 140 x 140 cm. Droits : Marjane Satrapi
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La dictature, mode d’emploi

entretien avec

Marjane Satrapi

Marjane Satrapi, autrice de la célèbre bande dessinée Persepolis, revient sur les lignes de force et les lignes de fuite qui parcourent son œuvre : les rouages de la dictature, la place et la voix des femmes, les enjeux de la transmission et les questions posées par les crises actuelles, sanitaire et écologique.

Marjane Satrapi se fit connaître du grand public avec Persepolis, une bande dessinée en quatre tomes se déroulant entre la révolution islamique iranienne et l’Europe des années 1980 et 1990. C’est vers la réalisation qu’elle évolue ensuite, d’abord avec l’adaptation de ses bandes dessinées. En 2020, elle adapte au cinéma le roman graphique de Lauren Redniss, Radioactive, consacré à la figure de Marie Curie. Marjane Satrapi continue de dessiner et de peindre. Sa dernière exposition, « Femme ou rien », s’est tenue à la galerie parisienne Françoise Livinec à l’automne 2020. Elle évoque ici son parcours et les thèmes qui traversent son œuvre : l’identité et l’exil, le rapport au pouvoir, la condition des femmes.

 

Qu’est-ce que faire une BD en noir et blanc qui raconte votre propre vie ? En quoi l’histoire de Persepolis est-elle vraie ? Quelle est la part de fiction, d’imagination dans cette vie d’une famille iranienne qui croise la grande histoire ?

Cette bande dessinée, qui a souvent été présentée comme une autobiographie, n’en est pas une. Une autobiographie, vous l’écrivez en général pour ré

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Marjane Satrapi

Artiste franco-iranienne d'expression francophone, Marjane Satrapi est avant tout connue en tant qu'auteure de bande dessinée. Elle est également peintre et réalisatrice.

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Les difficultés rencontrées pendant la gestion de l’épidémie de Covid-19 ont remis en lumière le rapport paradoxal que la France entretient avec son État. Parce qu’il est censé décider de tout, il est le recours vers lequel tous se tournent en situation de crise, en même temps qu’il concentre l’essentiel des critiques. Au-delà de la crise sanitaire, la question d’un juste partage des responsabilités entre l’État et d’autres acteurs - les collectivités territoriales, les citoyens, les syndicats ou les entreprises- pour construire un horizon d’action commun se pose. Alors même que la pandémie marque le retour en grâce de l’action publique, comment changer concrètement la figure de l’État pour apaiser sa relation avec la société et lui permettre de répondre aux aspirations contemporaines en matière d’écologie et de justice sociale ? C’est à cette question que s’attache ce dossier, coordonné par Lucile Schmid.