Dans le même numéro

Jean Zay : « la tête haute »

mai 2015

#Divers

Ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts à seulement trente et un ans, sous le gouvernement de Léon Blum, Jean Zay est arrêté en 1940 par Vichy ; des miliciens, se faisant passer pour des résistants, l’assassinent en 1944. Pendant sa captivité, il rédige Souvenirs et solitude, où il décrit son isolement de prisonnier tout en revenant sur son passé politique, comme pour préparer un après-guerre qu’il ne verra pas.

1941 – trou dans l’histoire ! […] Un homme en prison continue à croire en un avenir irrévélé et invite à travailler dans le présent pour les choses les plus lointaines auxquelles le présent est un irrécusable démenti. Il y a une vulgarité et une bassesse dans une action qui ne se conçoit que pour l’immédiat, c’est-à-dire en fin de compte que pour notre vie. Et il y a une noblesse très grande dans l’énergie libérée de l’étreinte du présent. Agir pour des choses lointaines au moment où triomphait l’hitlérisme, aux heures sourdes de cette nuit sans heures – indépendamment de toute évaluation de forces en présence – c’est sans doute le sommet de la noblesse.

Emmanuel Levinas, Humanisme de l’autre homme
Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !