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L'êtrenger

juil./août 2017

#Divers

L’« Exil » vient du latin exilium, dérivé d’ex solo, qui veut dire « hors du sol ». Ainsi, pour qu’il y ait exil, il faut tout d’abord qu’il y ait une possession du sol ou une propriété privée d’un territoire dont une certaine autorité bannit, expulse ou exile quelqu’un. À partir de cette étymologie, je voudrais soutenir l’idée selon laquelle la propriété privée du sol, dans le sens rousseauiste du terme, n’est pas seulement l’« origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes », mais aussi l’origine et les fondements de l’exil. Rousseau condamne la propriété privée, parce qu’il croit que « la terre n’est à personne » et que nul n’a interdit « le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : Ceci est à moi ». Il suppose que si on avait interdit cette première violation du droit naturel, on aurait épargné au genre humain beaucoup de crimes, de guerres, de meurtres, de misères et d’horreurs et j’ajouterais à cela, beaucoup d’exils. Cette idée s’avère pertinente politiquement pour décrire le cas des tyrans qui transforment les pays qu’ils gouvernent en des territoires privés, à leur seul profit et à celui de leurs héritiers, comme c’est le cas de la Syrie, le pays dont je suis exilé.

Je suis né dans la communauté druze, l’une des minorités

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