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La pensée des peintres

juin 2006

#Divers

Daniel Arasse pratiquait une « histoire rapprochée » de la peinture qui, en découvrant des détails peints pour ne pas être vus, fait entrer dans l’intimité du tableau. Celle-ci ne signifie pas seulement découvrir comment une œuvre a été peinte, mais aussi comment elle a été pensée, comment la pensée de la peinture prend forme dans le tableau.

Daniel Arasse – était-ce par provocation ? – se revendiquait historien. Mais historien de quoi ? Historien de l’art ? Littéraire d’origine, fréquentant assidûment les philosophes (notamment Louis Marin et Hubert Damisch), plutôt préoccupé de « problèmes théoriques », Daniel souligne volontiers qu’il n’en a pas eu la formation1, et sans doute entend-il ainsi se maintenir à distance – plus respectable que respectueuse – d’une assimilation institutionnelle incompatible avec son irrépressible besoin d’indépendance mais aussi avec sa lecture « rapprochée » de la peinture. Le refus d’être assimilé à une corporation et le sentiment cultivé d’une certaine marginalité informent bien des pages de On n’y voit rien, ironiquement adressées aux « historiens de l’art » dont il fustige avec une i

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