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L’avenir de la diversité en Irak

mars 2021

Les droits des minorités religieuses et linguistiques sont massivement bafoués en Irak, dans un contexte de ruine des institutions, d’inégalités économiques et politiques, et de préjugés. Face à une situation de plus en plus tendue et préoccupante, comment rétablir la confiance indispensable à la paix sociale ?

Les conséquences énormes des conflits qui ont submergé l’Irak depuis la fin de l’invasion conduite par les États-Unis en 2003 ont exposé les membres des minorités religieuses et linguistiques à des violations massives de leurs droits. Dans les cas les plus graves, ces violences ont pris la forme d’atrocités collectives, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre, de nettoyages ethniques et même de génocides, particulièrement dans les régions où les minorités sont concentrées, telles que le Sinjar (yézidis), Tall Afar (Turkmènes) et l’ensemble de la plaine de Ninive (chrétiens, Shabaks et autres minorités). Au cours de ces années, de nombreux membres des minorités ont été contraints de fuir les persécutions, les vengeances et les violations des droits de l’homme. On recense également des épisodes d’exode massif vers les pays voisins (Turquie et Syrie, avant la crise de 2011, ainsi que Jordanie et Liban), où les migrants souffrent de mauvaises conditions de vie et de pauvreté.

Pourtant, les minorités d’Irak n’ont pas été exposées à la violence à cause du conflit en cours, mais pour des raisons liées à leur nombre réduit, à leur faible partic

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Saad Salloum

Saad Salloum est professeur assistant en sciences politiques à l’Université Mustansiriya de Bagdad. Il a participé à la création en 2013 du Conseil irakien pour le dialogue interreligieux. Auteur de nombreux ouvrages, il dirige la revue Mazarat.

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On oppose souvent science et croyance, comme si ces deux régimes de discours n’avaient rien de commun. Pourtant, l’expérience nous apprend que c’est généralement quand l’un des deux fait défaut que l’autre subit une crise. Dans le contexte pandémique actuel, l’incapacité des experts et des gouvernants à rendre compte dans l’espace public des conditions selon lesquelles s’élaborent les vérités scientifiques, aussi bien qu’à reconnaître la part de ce que nous ne savions pas, a fini par rendre suspecte toute parole d’autorité et par faciliter la circulation et l’adhésion aux théories les plus fumeuses. Comment s’articulent aujourd’hui les registres de la science et de la croyance ? C’est à cette question que s’attache le présent dossier, coordonné par le philosophe Camille Riquier, avec les contributions de Jean-Claude Eslin, Michaël Fœssel, Bernard Perret, Jean-Louis Schlegel, Isabelle Stengers. À lire aussi dans ce numéro : l’avenir de l’Irak, les monopoles numériques, les enseignants et la laïcité, et l’écocritique.