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Abdelwahab Meddeb, combat spirituel et poésie

janvier 2015

#Divers

Rarement esprit fut aussi complexe que celui-là, aussi chargé de signes contradictoires que, toute sa vie, Abdelwahab voulut réduire à l’unité, unité qui ne fût pas une simplification autoritaire de la contradiction existentielle, du combat spirituel dans sa brutalité antithétique, mais, à l’inverse, une expansion du lieu d’unité appelé à plus et à mieux contenir. Je n’en veux pour preuve que ce fait d’évidence : ayant créé et géré sur plusieurs années une admirable revue thématique, à projection philosophique et littéraire, à vocation encyclopédique, quel titre choisit Abdelwahab pour sa publication qui fit date ? Dédale, le labyrinthe sans fin où s’engage, chaque fois que cela est nécessaire (c’est-à-dire tous les jours), l’homme de pensée, objet de violentes émotions. Et c’est par cette formule que je définis le beau, l’exigeant poète qu’il fut, qu’essentiellement il fut. Même si, dans sa jeunesse, il fut aussi éditeur, qu’il fut l’un des premiers, aux éditions Sinbad, créées par Pierre Bernard, dont il fut le collaborateur immédiat, à signaler l’importance de l’Égyptien Naguib Mahfouz, futur Prix Nobel de littérature, du Syro-Libanais Adonis et du Soudanais Tayeb Salih.

Ce poète, Abdelwahab Meddeb, a

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