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Une perspective extrême-orientale

mars/avril 2014

#Divers

Le bouddhisme est parfois perçu comme une sagesse nihiliste. Or l’œuvre du penseur japonais Keiji Nishitani, qui s’articule justement autour de la notion de nihilisme, montre bien que celle-ci est un produit de notre époque, de notre modernité, ce dont la catastrophe de Fukushima a été la tragique métaphore.

Le bouddhisme passe encore aujourd’hui, aux yeux de beaucoup d’Occidentaux, pour une religion ou une sagesse « nihiliste ». Cette idée ne correspond pas à la réalité. J’aimerais évoquer ici, à titre d’exemple, le nihilisme dans la pensée de Keiji Nishitani (1900-1990), de l’école de Kyoto, dont l’œuvre s’articule autour de cette notion. Sa pensée acquiert une signification particulière lorsqu’on la relit sur le fond de la tragédie récente de Fukushima. Celle-ci est comme une métaphore de notre époque : toute notre civilisation ne fonctionne-t-elle pas comme une gigantesque centrale nucléaire, mue par la volonté de puissance, risquant la destruction de la vie humaine et de l’environnement, aux seules fins de la croissance la plus rapide possible de la production et du capital ? Aucune limite ne peut être fixée à l’avidité, à la voracité infinies de l’humanité capitaliste. Et la nucléarisation de notre production

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