Dans le même numéro

Vivre dans le pluralisme (entretien)

octobre 2014

#Divers

Esprit – Alors que la laïcité semblait faire partie des valeurs consensuelles peu discutées sur le fond, elle est de plus en plus souvent débattue comme s’il fallait la remettre en cause ou, au contraire, réaffirmer ses principes. Comment comprenez-vous cette évolution ?

Charles Taylor – Au Québec, comme, je crois, en France, il s’agit avant tout d’une réaction identitaire face à l’afflux d’immigrants d’origines et de cultures très différentes. Le Québec est depuis longtemps une terre d’accueil, mais jusque dans les années 1960, les nouveaux venus étaient largement assimilés du côté anglais. Constatant une chute du taux de natalité, la société francophone a peu à peu compris qu’elle n’avait aucun avenir à moins de faire un effort d’intégration. Cela s’est traduit de manière assez drastique avec la Loi 101, également appelée « Charte de la langue française », adoptée en 1977. Ce texte fait du français la langue officielle du Québec et s’appuie sur ce principe pour notamment obliger toutes les personnes issues de l’immigration à envoyer leurs enfants dans des écoles francophones. Parallèlement, le Québec revendique le droit fédéral à participer à la sélection des immigrants sur son territoire.

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !