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Francis Jeanson


Francis Jeanson est né en juillet 1922 et mort en août 2009. C’est un philosophe existentialiste, collaborateur de Jean-Paul Sartre. Il est aussi le leader du réseau des « porteurs de valises » durant la guerre d’Algérie ; réseau d’aide pratique aux Algériens. Après avoir vécu l’expérience des camps de concentration, il fut libéré en 1943 sous les auspices de la Croix Rouge Française. Il fut alors enrôlé contre son gré dans l’armée giraudiste. F. Jeanson déserta rapidement par esprit de révolte. Il revint par la suite en France puis s’inscrivit à la Sorbonne. C’est ainsi que sa rencontre intellectuelle avec Sartre s’est faite. Il inaugura une fonction qu’il occupa longtemps, celle du vulgarisateur de la philosophie sartrienne. Par ailleurs, il participa au débat intellectuel en tant que membre du comité de lecture du Seuil dès 1950. Les Éditions du Seuil recrutèrent Jeanson tandis que leur concurrent Gallimard avait Sartre comme figure. De plus Jeanson remplaça Albert Béguin à la tête de la collection « Écrivains de toujours » car la disparition prématurée de Mounier en 1950 amena Béguin à lui succéder à la direction de la revue Esprit. Durant ces années, F.Jeanson suivit de près les événements d’Algérie et y retourna de septembre 1948 à mai 1949. À son retour, il écrivit « Cette Algérie conquise et pacifiée… » dans Esprit au printemps 1950. Jeanson fut traqué par la police à cause de ses activités. Il ne vit sa vie s’apaiser qu’après la proclamation de l’indépendance algérienne en 1962. L’indépendance de l’Algérie acquise, il décida de se désengager. Il essaya alors vainement de se réinsérer dans la société par le biais de l’écriture et de la presse. F.Jeanson participa à toutes les grandes batailles idéologiques qui traversèrent la France et l’Europe depuis les années 40 : le nazisme, le communisme, le colonialisme, la libéralisation de la société des années 1970. Il incarna la figure de l’intellectuel engagé contre la guerre d’Algérie et contre toute entreprise coloniale.