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Notes de lecture

UN SAUVEUR

novembre 2008

#Divers

I. La Ferté, II. Barante, III. Paris : la sèche désignation géographique des trois parties de ce roman donne le ton d’une fiction qui ne semble rien promettre d’autre que le récit clinique d’une vie étriquée. Aurélie, élevée dans une petite zone pavillonnaire de province, adolescente recueillie enceinte dans un foyer social, jeune mère dans un petit rez-de-chaussée de l’avenue du Maine. Rien de déterministe, pourtant, dans ce destin, car Aurélie sait échapper plus d’une fois à sa condition. Pauvres échappées, au final, malgré la vivacité de la jeunesse, les couleurs de l’évasion, la vie enfin qui afflue, avant de retomber. Pourtant, le « sauveur » annoncé par le titre ne garde-t-il pas un deus ex machina en réserve pour enlever l’héroïne à ce destin que rien ne distingue ? Il n’y aura pas de salut, pas de pentecôte mais des éclaircies fugaces, des joies sans lendemains, des drames qu’il faut bien encaisser. Le personnage mûrit, d’une illusion à l’autre, de temps morts en accélérations joyeuses, que le narrateur, d’une amertume flaubertienne, relève froidement, par des tournures souvent impersonnelles et poignantes (à la façon d’un Coetzee). C’est un destin commun, une souffrance commune, où l’on apprend que si l’on n’échappe pas à son chagrin, on peut découvrir que celui-ci n’est qu’un petit bout d’une détresse universelle.

M.-O. P.

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Éditions de Fallois, 2008
348 p. 19,50 €