Notes de lecture

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Pourquoi la société ne se laisse pas mettre en équations, de Pablo Jensen

Cet ouvrage nous invite à reconnaître de façon réfléchie et lucide les performances et avancées théoriques que l’application des sciences exactes aux sciences sociales est en mesure de réaliser. Il refuse d’accorder à la mathématisation du monde, à la modélisation du réel, la confiance aveugle que scientifiques et non-scientifiques sont parfois prompts à leur concéder, mais affirme qu’il est donc tout aussi erroné de récuser les ressources de l’outil mathématique appliqué aux sciences sociales. «Notre réalité est trop complexe pour se laisser construire d’une seule manière. Nous pouvons néanmoins tirer […] quelques enseignements sur la place de la formalisation dans ­l’exploration du monde social.» Ce n’est pas le moindre mérite de ce livre que de lutter à la fois contre nos penchants scientistes et contre l’affirmation d’un monde humain échappant à jamais aux procédures des sciences de la nature.

Il est d’ailleurs important de constater que cet exercice d’humilité et de mesure intellectuelles est le fait d’un chercheur ayant participé à des programmes de recherches en sciences dures et éprouv&e

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Seuil, 2018
4 p. 22 €

Émeric Travers

Émeric Travers est agrégé de philosophie et docteur en science politique.

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Si l’affaiblissement de la base sociale du christianisme en Europe est indéniable, selon le dossier coordonné par Jean-Louis Schlegel, la sécularisation transforme la foi et l’appartenance religieuse en choix personnels et maintient une culture d’origine chrétienne et une quête de sens, particulièrement sensibles dans la création littéraire. A lire aussi dans ce numéro : une défense d’Avital Ronell, un récit de voyage en Iran et des commentaires de l’actualité politique et culturelle.