Notes de lecture

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Chroniques de Floréal, de Louis Guilloux

janv./févr. 2019

#Divers

L’auteur du Sang noir (1935) fait ses gammes. Celui qui sera un styliste aussi engagé qu’impitoyable de Paris regarde Saint-Brieuc avec humour en y relevant deux défauts : la ville est trop petite et elle est surtout sa cité natale. Quant au tourisme naissant, l’auteur y voit un sport (inventé par les Anglais) qui possède le défaut de ne pas être individuel ni de masse. Le chroniqueur va par sauts et gambades à travers les sujets pour un petit journal qui ne restera peut-être dans les annales littéraires que par sa signature, Floréal, l’hebdomadaire illustré du monde du travail, et qui permet à l’auteur de survivre (en plus de ses travaux de traducteur) et de se faire les dents non sans persiflage : les oubliés que sont Émile Bergerat et Alphonse Karr en font les frais mais l’auteur est l’un des premiers à remarquer le talent de ­l’Argentin Roberto Arlt. On découvre la capacité de poète (en prose) de l’auteur, fort en flânerie et en ironie. On retient de ces textes de jeunesse la liberté, ­l’indépendance de celui qui traverse en promeneur ailé les normes esthétiques du début des années 1920. Guilloux n’est guère sensible aux mouvements littéraires d’avant-garde et il préf&egra

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Héros-Limite, 2018
208 p. 20 €

Jean-Paul Gavard-Perret

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Largement sous-estimée, l’œuvre de Claude Lefort porte pourtant une exigence de démocratie radicale, considère le totalitarisme comme une possibilité permanente de la modernité et élabore une politique de droits de l’homme social. Selon Justine Lacroix et Michaël Fœssel, qui coordonnent le dossier, ces aspects permettent de penser les inquiétudes démocratiques contemporaines. À lire aussi dans ce numéro : un droit à la vérité dans les sorties de conflit, Paul Virilio et l’architecture après le bunker, la religion civile en Chine, les voyages de Sergio Pitol, l’écologie de Debra Granik et le temps de l’exil selon Rithy Panh.