Notes de lecture

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Les Fantômes du vieux pays, de Nathan Hill

Trad. de l'anglais (États-Unis) par Mathilde Bach

janv./févr. 2019

#Divers

Nathan Hill entre dans le roman en frappant un cocktail détonnant de vérités et de mensonges, de politique et d’affaires intimes. Un gouverneur candidat aux élections présidentielles est agressé par une femme. Les médias s’emparent de l’histoire. Une vidéo fait le tour du pays. L’assaillante est surnommée « Calamity Packer ». Son fils (romancier en herbe, à tous les sens du terme…) est loin de se douter de ce qui se passe : il est trop occupé à jouer en ligne et ne se soucie guère de sa mère qui l’a abandonné depuis longtemps. L’éditeur de son roman veut alors le poursuivre en justice. Pour sauver les meubles, il propose à l’éditeur de reconstituer la vie de cette calamité de mère. Ne sachant rien sur elle, il commence son enquête. De la Norvège des années 1940 au Midwest des années 1960, des émeutes de Chicago en 1968 au New York d’après le 11-Septembre, l’auteur crée une fresque qui a l’odeur du bitume autant que des champs de maïs. La prose de Hill est pleine de verve pour animer les efforts et les surprises d’un héros quelque peu abasourdi. Celui qui voulait insulter une mère considérée comme hippie radicale et enseignante prostituée ne va pouvoir embrayer

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Gallimard, 2017
720 p. 25 €

Jean-Paul Gavard-Perret

Dans le même numéro

Largement sous-estimée, l’œuvre de Claude Lefort porte pourtant une exigence de démocratie radicale, considère le totalitarisme comme une possibilité permanente de la modernité et élabore une politique de droits de l’homme social. Selon Justine Lacroix et Michaël Fœssel, qui coordonnent le dossier, ces aspects permettent de penser les inquiétudes démocratiques contemporaines. À lire aussi dans ce numéro : un droit à la vérité dans les sorties de conflit, Paul Virilio et l’architecture après le bunker, la religion civile en Chine, les voyages de Sergio Pitol, l’écologie de Debra Granik et le temps de l’exil selon Rithy Panh.