Histoire de la Tunisie depuis l’indépendance


Ce petit ouvrage se demande comment un régime autoritaire a pu se maintenir en Tunisie depuis l’indépendance en 1956 jusqu’à son renversement le 14 janvier 2011. L’historiographie a souvent tendance à révéler un pacte social tunisien selon lequel l’État accorde un certain confort matériel en échange de l’allégeance politique des citoyens. Il est vrai qu’on peut observer une continuité rigoureuse du système politique de Bourguiba (1957-1987) à Ben Ali (1987-2011), marqué par l’omnipotence présidentielle, le parti unique, la gestion clientéliste des ressources économiques et le quadrillage policier de la société. Mais il faut également se rendre attentif aux grondements de colère réguliers, de la part de jeunes chômeurs diplômés et de travailleurs précaires, au nom de la défense des travailleurs, des droits de l’homme ou de la renaissance islamique, qui ont tous été étouffés par des répressions violentes. En tout cas jusqu’à la fin 2010, quand les forces contestataires transfigurent l’immolation d’un marchand à la sauvette en fait révolutionnaire. Une période d’incertitudes s’ouvre alors, que l’adoption en janvier 2014 d’une Constitution ambiguë ne permet pas de clore. La fragilité du compromis politique, la détérioration de la situation économique et la recrudescence des violences menacent toujours le processus de démocratisation porté par les « caravanes de la liberté ».

J. C.

La Découverte, 2015
128 p. 10 €