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Notes de lecture

Solitude de la grenouille

juillet 2006

#Divers

Cet essai prolonge une première réaction stupéfaite, « la France impossible », écrite à chaud par le rédacteur en chef de La Revue des deux mondes peu après le résultat négatif du référendum sur l’Europe (juillet-août 2005). Placé sous le signe de La Fontaine, ce livre cherche à définir un état d’esprit, une tournure littéraire qui expliqueraient notre propension à nous réfugier dans l’incantation et l’emphase, à nous payer de mots, à esquiver le moment de vérité qui nous attend. Michel Crépu sait faire sentir à quel point nos besoins de sublime ne sont plus que la parodie d’une ancienne politique de la grandeur. Il rappelle aussi cruellement que nous nous donnons en spectacle dans l’indifférence générale ou la condescendance navrée. Pourtant, il ne s’agit nullement de renoncer à notre manière d’accommoder notre lucidité historique. Car si l’on croit que la France est une « nation littéraire », cela ne devrait pas signifier qu’elle est promise à l’illusion. Le goût du réel, qui a la préférence esthétique de l’auteur, pourrait aussi revivifier notre sens politique.
M.-O. P.
Flammarion, coll. "Café Voltaire", 2006
126 p. 12 €