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Notes de lecture

Sagesse biblique, sagesse politique

janvier 2016

#Divers

Depuis Machiavel, la théorie ou la philosophie du politique moderne s’est inspirée avant tout de l’Antiquité grecque et romaine. Même quand des auteurs, comme Hobbes et d’autres, restent marqués par la tradition biblique, ils la critiquent, voire la rejettent, comme néfaste ou inutile en politique. Dans ce livre, P. Valadier s’efforce de réhabiliter, au contraire, l’apport de la ressource biblique – Ancien et Nouveau Testaments – pour la politique moderne, y compris la plus contemporaine. La critique moderne a trop souvent retenu seulement le négatif (l’obéissance inconditionnelle aux autorités légitimes, la volonté de « théocratie », la faiblesse de la « vertu » pour gouverner…). La Bible a pourtant des « avantages » non négligeables : elle remet le pouvoir à sa juste place (il ne s’exerce que par « délégation »). Le Nouveau Testament plus encore que l’Ancien en a une vision plutôt pessimiste. En tout cas, pour le chrétien en particulier, tout n’est pas politique (un aspect loué notamment par Hannah Arendt). C’est un chemin de sagesse qu’au fond la Bible indique, entre nécessaire soumission et nécessaires résistances, donc un discernement dans une actualité historique toujours nouvelle. Mais il est intéressant aussi de lire la vive critique de l’auteur contre l’idée de « structures de péché », qui entretient la culpabilité chrétienne en même temps qu’un défi insurmontable, et plus généralement contre l’usage de la catégorie de « péché » en matière d’analyse du politique.

J.-L. S.

Salvator, 2015
190 p. 20 €