Exégèse d'une légende
Lectures de Kafka
Connu pour ses travaux sur Franz Rosenzweig et Walter Benjamin (on vient de rééditer en poche l’Ange de l’Histoire), Stéphane Mosès se souvient qu’il est d’abord un germaniste passionné de textes et de littérature. D’où ce Kafka, non pas un Kafka de plus mais un Kafka qui s’inscrit justement dans le sillage de Walter Benjamin pour lequel l’écriture de Kafka est sous-tendue par une logique des images. En décryptant d’emblée avec une belle acuité un texte difficile de 1923, « À propos des paraboles », Mosès voit dans ce texte « le paradigme d’un texte se prenant lui-même pour objet. Parlant de l’écriture, il renverrait en même temps à l’essence même de l’art de Kafka ». Conscient que cette technique se rapproche de l’interprétation du Talmud par les rabbins, Mosès met en œuvre une herméneutique rabbinique à propos de plusieurs textes de Kafka : « Le silence des sirènes » (un texte qui évoque l’Odyssée), la Métamorphose, le Procès, mais il s’attache également à la double lecture de Brecht et de Benjamin d’un court récit de Kafka (« Le prochain village »). Mosès ne passe pas de Rosenzweig à Kafka, il poursuit une seule et même démarche herméneutique.
O. M.
O. M.