FRANZ ROSENZWEIG

Sous l’Étoile


Avec Emmanuel Levinas, Stéphane Mosès fut un grand initiateur, celui qui a aidé à lire l’Étoile de la rédemption de Franz Rosenzweig au début des années 1980. Son ouvrage intitulé Système et révélation fut le premier commentaire substantiel et rigoureux de l’Étoile publié parallèlement à sa traduction (par A. Derczanski et J.-L. Schlegel) en français. Ce recueil joliment intitulé Sous l’Étoile, un ensemble qu’il avait lui-même conçu avant sa disparition en 2007, reprend une riche présentation de l’Étoile (un livre-montage paru en 1981 dans Le Débat), et des textes portant sur divers pans de l’œuvre de Rosenzweig : l’esthétique, les liens avec le récit biblique, le dernier journal, la correspondance avec Rosenstock. Mais d’autres textes portent sur les « affinités de pensée » entre Rosenzweig et Walter Benjamin ou Hölderlin, ou bien encore sur une comparaison entre sa conception du dialogue et la linguistique du dialogue chez Benveniste. Mosès et Rosenzweig, Rosenzweig réinterprété dans le prisme d’auteurs que Mosès, fin connaisseur de la pensée et de la littérature germaniques, n’a cessé de lire et de méditer. Ce bel ouvrage n’est certainement pas un commentaire, il offre la possibilité d’entrer dans la pensée propre de Stéphane Mosès, l’un des penseurs juifs les plus créatifs du dernier demi-siècle, lui qui était hanté et passionné, le choix des textes retenus le laisse entendre, par la structure dialogale du langage. Il faut donc saluer cette initiative et souhaiter que l’on puisse accéder, le cas échéant, aux autres textes non disponibles de S. Mosès.

O. M.
Hermann, coll. « Le Bel aujourd’hui », 2009
232 p. 25 €