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Avons-nous assez divagué...

Hommage à

juillet 2017

#Divers

Il se nommait André Breton et promenait avec ostentation son gigantes- que béret plat, sa cape de douanier et ses sabots de bois dans les locaux de fortune où les khâgneux avaient cours, à Rennes, en 1942. Entre deux discussions de dortoir sur l'École de Pont-Aven, les Illuminations, Giraudoux ou le surréalisme, il me posa un jour la question avec son arrogance habituelle: « As-tu lu La révolution personnaliste et communautaire de Mounier ? » Je ne connaissais rien ni du personnalisme, ni de Mounier, ni d'Esprit. Quelque temps après, déporté STO dans des circonstances moins ambiguës que Georges Marchais, j'emportai Mallarmé l'obscur de Charles Mauron, mais non le livre de Mounier, introuvable en ce temps-là.

Au retour, un de mes premiers gestes fut de m'abonner à Esprit. Je ne sais si cet André Breton y fut pour quelque chose, ni qui, ni quoi. Jeune prof du privé à St Germain-en-Laye, puis à Pontoise, il n'y eut jamais d'autre abonné d'Esprit que moi dans ces établissements, où je nouai des amitiés durables. Mes numéros circulaient et les commentaires allaient bon train.

De 1945 à 1950, lecteur assidu de la revue, et seulement lecteur, j'envoyai tout de même quelques articles dont le refus ne me rebuta pas. J'avais, je crois, le profil t

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