Disparition d'Alain Touraine
La contribution d’Alain Touraine, disparu le 9 juin, a été essentielle pour la compréhension des sociétés post-industrielles et des nouveaux conflits sociaux et culturels qui les caractérisent. Théoricien de l’action et du mouvement social, insistant sur l’importance du terrain dans la recherche et du sujet dans l’action, il a représenté un contrepoint à la prégnance des grilles de lectures néomarxistes et bourdieusiennes dans le champ de la sociologie. La diversité des sujets sur lesquels il a écrit dans Esprit, seul ou avec d’autres, de la conscience ouvrière au mouvement Solidarité en Pologne, en passant par le Chili et les banlieues françaises, témoigne de l’ouverture de ce grand intellectuel, qui a toujours cru en la capacité des sociétés humaines à s’autoproduire.
![]() | L'évolution de la conscience ouvrière et l'idée socialisteAlain Touraine, mai 1956 Dans cet article de 1956, son premier dans Esprit, Alain Touraine évoque la disparition de l'autonomie professionnelle des ouvriers et ses conséquences. Parmi elles, le déplacement des revendications du domaine de la production à celui de la consommation, à travers le déclin du « modèle ouvrier » jusqu'alors caractérisé par un isolement culturel vis-à-vis du reste du monde social non producteur. |
![]() | Travail, loisirs et sociétésAlain Touraine, juin 1959 Dans ce dossier de juin 1959 consacré au loisir, la contribution d’Alain Touraine analyse le rapport entre loisirs et classes sociales, en montrant comment au sein de chaque classe s’élaborent des conduites culturelles personnelles et libres. Dès lors il ne s’agit plus de savoir quelle classe et quelle culture imposera son pouvoir, mais par quels moyens se réalisera la participation de tous aux produits sociaux et culturels du travail collectif. |
![]() | La voie chilienneAlain Touraine, novembre 1973 Observateur avisé du Chili, Alain Touraine livre en 1973 une analyse aussi fine que prémonitoire de la « bataille sociale » en cours dans le pays, et de l'alliance difficile entre la coalition gouvernementale qui a porté Allende au pouvoir, et le mouvement révolutionnaire. Il diagnostique l'émergence d’un pouvoir communal autonome en rupture avec le légalisme bourgeois étatique, rendant inévitables le coup de force militaire et la « thermidorisation du régime ». |
![]() | Autoportrait du sociologue. Entretien avec Alain TouraineJean-Marie Domench, Paul Thibaud, novembre 1975 Dans cet entretien mené par Paul Thibaud et Jean-Marie Domenach, Alain Touraine détaille sa conception de la sociologie, de sa méthode et l'ontologie qui la sous-tend. Récusant tout une partie de l'héritage marxiste et nuançant les thèmes bourdieusiens de la reproduction et de l'idéologie dominante, il défend la capacité d'« autoproduction » de la société sans négliger pour autant le conflit de classes. |
![]() | Un mouvement socialFrançois Dubet, Alain Touraine, Michel Wieviorka, mars 1982 Alors que le mouvement Solidarité est durement réprimé en Pologne, François Dubet, Alain Touraine et Michel Wieviorka veulent insister sur la spécificité d’un mouvement alors mal connu en France : à la fois ouvrier, démocratique et national, porteur d’un désir de libération d’une société contre son État. |
![]() | Face à l'exclusionAlain Touraine, février 1991 Dans un dossier de février 1991 consacré à « la France des banlieues », Alain Touraine montre comment la montée en puissance du thème de l’exclusion vient caractériser une société non plus verticale, marquée par les phénomènes de domination, mais horizontale, où les clivages passent davantage entre le centre et la périphérie qu’entre le haut et le bas. Un constat qui appelle de nouvelles formes d’action publique. |
![]() | La communauté européenne et les chocs de l'histoireJacques Delors, Pierre Hassner, Jacques Le Goff, Alain Touraine, novembre 1991 À l’heure des premières interrogations sur l’élargissement de l’Union européenne vers l’Est, Jacques Delors, Pierre Hassner, Jacques Le Goff, Alain Touraine s’entretiennent avec le Président de la Commission sur le rôle historique de l’Europe. Devant les risques de guerre que présentaient alors la décomposition de l’URSS et celle de la Yougoslavie, ils soulignent l’imbrication des dimensions militaire, politique, économique, sociale et culturelle de la construction européenne. |






