Călin Georgescu  Creative Commons Attribution 3.0 via wikimedia
Călin Georgescu Creative Commons Attribution 3.0 via wikimedia

La Roumanie dans l’incertitude

Gabriela Adameșteanu est l’une des grandes figures de la littérature roumaine contemporaine. Son œuvre est traduite dans de nombreuses langues. Les éditions Galimard ont publié plusieurs de ses romans, notamment Une matinée perdue (2006), Vienne le jour (2009) ou Situation provisoire (2013). Elle a également été très active durant ce qu’elle a appelé Les Années romantiques (éditions Non Lieu, 2019). Journaliste et militante des luttes démocratiques contre le régime Ceaușescu, puis durant les difficiles années de la « transition » vers l’entrée dans l’Union européenne, elle a été rédactrice en chef de la revue 22, l’hebdomadaire d’un groupe d’intellectuels critiques indépendants. Elle fut, de 1991 à 2005, une commentatrice très écoutée des dérives ou des réussites de la politique roumaine. Aussi ses réactions aux dernières élections présidentielles sont-elles précieuses et significatives. En effet, ce scrutin, finalement annulé, semblait remettre en cause, quarante après, tout ce pourquoi les Roumains ont lutté.


J’ai entendu pour la première fois le nom de Călin Georgescu dans la bouche de mon voisin, Monsieur V., dix jours environ avant le premier tour des élections présidentielles. Retraité du métro depuis vingt ans, Monsieur V. arrondit ses fins de mois en faisant le réparateur, le plombier ou le parquetier. Il croule sous les commandes. En Roumanie, on manque de main-d’œuvre. La crise est grave : six à huit millions de Roumains sont partis travailler ou étudier à l’étranger. Ils ne reviennent qu’occasionnellement.

Aux élections présidentielles de 2020, cette importante diaspora qui vit et travaille à l’Ouest, avait surpris en votant massivement pour un parti souverainiste, l’Alliance pour l’unité des Roumains (AUR). Aucun sondage ne l’avait prévu. Des journalistes ont depuis révélé que des officiers supérieurs du Service d’information extérieur (SIE), peut-être issus de l’ancienne Securitate (la police politique communiste), étaient impliqués dans la fondation et l’organisation de l’AUR – la loi leur permettant de prendre leur retraite à 50 ans avait suscité de vifs débats. En multipliant les discours anti-américains, anti-européens ou anti-Otan, en dressant l’image d’une Roumanie-colonie pillée par les multinationales occidentales, l’AUR a conquis une place confortable au Parlement.

En 2024, le président de l’AUR, George Simion s’est présenté à l’élection présidentielle, avec de forts soutiens médiatiques : des chaînes de télévision commerciales souverainistes à fortes audiences, truffées de journalistes issus de la vieille garde de l’époque Ceaușescu, aujourd’hui nationalistes, et un réseau de radios et de podcasts du même acabit. Il semblait être le principal danger pour la démocratie. Je soupçonnais qu’il pourrait être le candidat de mon voisin.

Un vote bovaryste

« Vous allez voter pour qui, Monsieur V. ? », lui demandai-je alors qu’il bricolait dans mon appartement. C’était la question de l’année 2024, qui appelait systématiquement la même réponse d’un air dégoûté : « Je n’en sais rien ! »

Il faut dire que jamais, avant ces élections, ne s’étaient présentés des candidats aussi minables. Celui des socialistes, Marcel Ciolacu, Premier ministre sortant, s’était illustré en ne retrouvant pas son diplôme de baccalauréat et, pendant la campagne, en apparaissant au cœur d’un scandale immobilier à caractère politique. Le candidat des libéraux, le général Nicolae Ciucă, est plus connu pour avoir plagié sa thèse de doctorat que pour ses exploits militaires. Il a commencé sa campagne en dépensant deux millions de lei (400 000 €) en frais publicitaires, avant le début de la campagne officielle. Quant à la championne du parti des jeunes entrepreneurs (USR), c’est la maire d’une petite ville, diplômée d’une faculté non accréditée, ancienne présentatrice de journaux télévisés sur une chaîne commerciale, Elena Lasconi. Elle s’est faite remarquée en montrant des lacunes dans sa connaissance des responsabilités présidentielle en cas de guerre. Restait le candidat souverainiste George Simion, président de l’AUR, qui avait dirigé un groupe de supporters de football, mais qui n’a pas expliqué pourquoi il était persona non grata en Moldavie et en Ukraine, deux pays voisins et amis.

La Roumanie est une république semi-présidentielle. Le président, élu au suffrage universel, gère la politique étrangère et les services de renseignement. Malheureusement, la mauvaise image de la classe politique a empiré lorsque le président en exercice, Klaus Johannis, a montré au cours de son deuxième mandat un désintérêt manifeste pour les problèmes du pays, se contentant de rechercher – sans succès – un futur poste dans une structure euro-atlantique, et de voyager dans des avions de luxe aux frais des contribuables.

« Je vote pour Călin Georgescu ! Vous ne le connaissez pas ?! Un diplomate ! Il a travaillé à l’Onu ! Il était membre du Club de Rome ! Écoutez-le parler, on ne peut le comparer à tous ces ignares ! », m’a répondu Monsieur V., enthousiaste.

Après 1990, à mesure qu’augmentaient l’admiration pour l’argent et l’envie des nouveaux riches, diminuait le respect pour l’éducation. Mais les électeurs de Călin Georgescu appréciaient sa carrière internationale (qu’il affichait) et son discours « de haut niveau » sur « Dieu et la paix ». Curieusement, cet inconnu n’a grimpé dans les sondages que les derniers jours de la campagne, avec autour de 10% d’intentions de votes, mais, dans le salon de beauté de mon quartier, il faisait l’unanimité parmi les coiffeuses, les stylistes et les manucures. Au cours des quinze années qui ont suivi l’entrée de la Roumanie dans l’Union européenne, ces gens ont passé leurs vacances en Europe ou bien y ont travaillé. Puis, avec une explosion de messages de la diaspora, étrangement nombreux sur les réseaux sociaux, surtout TikTok, ce fut l’enthousiasme en sa faveur, une épidémie : on imaginait Călin Georgescu totalement différent des autres politiciens locaux, promus, disait-on, par des réseaux mafieux.

Convaincus que George Simion, le candidat d’AUR, accéderait au second tour avec son discours souverainiste et ses dérapages russophiles et extrémistes, les partis pro-européens se sont entretués dans une violente campagne de premier tour (25 octobre-23 novembre 2024) pour s’assurer de la présence de leur candidat en tête de l’affrontement au second tour. Personne ne remarquait que les électeurs et électrices, dégoûtés et furieux des révélations sur la corruption des politiciens, se préparaient à un vote massif antisystème, alimenté par un grand nombre de comptes créés sur TikTok du jour au lendemain, en faveur de l’inconnu Călin Georgescu. Bénéficiant d’une excellente industrie informatique, les Roumains figurent parmi les principaux consommateurs de réseaux sociaux.

Un candidat bizarre et dangereux

Le 24 novembre 2024, les résultats du premier tour ont placé Călin Georgescu en tête avec 22, 94% des voix. Ils ont fait chuter la bourse et provoqué un choc inédit en Roumanie depuis décembre 1989.

Soudain, tout le monde a découvert des informations troublantes sur Călin Georgescu, une « taupe » qui avait disparu et réapparu à plusieurs reprises. La dernière fois, l’AUR l’avait annoncé comme un possible Premier ministre, puis il avait été écarté, à la suite de propos manifestement extrémistes en faveur de Corneliu Codreanu (le chef du parti fasciste de l’entre-deux-guerres) et du maréchal Ion Antonescu (dictateur d’extrême droite). En tant que candidat, il refusait d’être assisté par les services de renseignement qui assurent habituellement la protection des dignitaires roumains et étrangers, et s’est déplacé sous la protection d’une garde rapprochée de mercenaires dirigée par Horațiu Potra, connu pour son activité militaire privée, formant des cadres pour la Légion étrangère en Afrique, notamment au Congo, où il travaille également.

À ce personnage s’ajoute Eugen Sechila, un autre proche de Georgescu, combattant dans la Légion étrangère en Afrique, qui était en Roumanie le chef d’un mouvement néo-légionnaire, essayant de promouvoir la mémoire et l’idéologie du fascisme de la Garde de fer. Il avait organisé, pendant la campagne électorale, une commémoration de Corneliu Codreanu. En Roumanie, il y a des lois contre les partis et manifestations extrémistes, racistes et xénophobes, mais elles sont rarement appliquées. Suite à ces révélations de dernière heure, la police a mené des enquêtes dans diverses localités et découvert plusieurs petites organisations et des adeptes de l’extrémisme. Il reste à voir ce qui en sortira.

La biographie officielle de Georgescu s’est révélée en grande partie fausse. Il n’aurait pas été possible, au temps de Ceaușescu, à un étudiant de faire des voyages d’études en Grande-Bretagne et aux États-Unis, sans être contrôlé par la Securitate. Il est également suspect que ce candidat d’extrême droite et pro-russe, ait pu entrer tout jeune, après 1990, au ministère des Affaires étrangères, sans passer par un concours, et de devenir brièvement conseiller ministériel. Il a dû quitter très vite ce poste, non pour travailler à l’Onu, comme il l’a prétendu, mais pour rejoindre peu de temps des petites organisations non gouvernementales. Ensuite, il a élu domicile à Vienne pendant près de dix ans, où il s’est retrouvé promoteur immobilier entre l’Autriche et la Roumanie. 

Hostile à l’Otan, prônant une politique de neutralité (« ni à l’Est, ni à l’Ouest, pas au service des autres ! »), Georgescu a demandé qu’on arrête l’aide à Ukraine. Or la Roumanie occupe actuellement un rôle stratégique pour l’Ukraine, avec la plus longue frontière (650km), d’importantes bases militaires de l’Otan et le bouclier antimissiles américain de Deveselu qui agace Poutine. Georgescu a exprimé des opinions favorables à Poutine et défavorables à l’Union européenne (« je considère comme un grand honneur que mon pays n’ait pas été accepté dans l’espace Schengen » – ce qui a été contredit par le Conseil européen : après des intégrations partielles, il a décidé en novembre 2024 l’intégration à part entière de la Bulgarie et la Roumanie à l’espace européen de libre circulation, effective depuis le 1er janvier 2025.

Évitant les journalistes et les apparitions publiques, cet étrange candidat change constamment ses discours, faits de références ésotériques, de clichés patriotards, de conspirations et de mysticisme New Age. Cela n’empêche pas de nombreux prêtres influencés par l’orthodoxie russe de le soutenir dans les églises, malgré l’injonction du patriarche Daniel de ne pas mélanger la religion et la politique.

Une enquête en cours a révélé que Georgescu, qui avait déclaré n’avoir mobilisé aucunes ressources privées pour sa campagne électorale, avait en réalité bénéficié d’un important financement illégal (rémunération d’influenceurs sur le réseau TikTok).

Trois jours après le premier tour des élections, le président Johannis a convoqué le Conseil suprême de défense nationale. Les rapports des services de renseignement intérieur et extérieur (SRI et SIE) ont mis en garde contre les risques pour la sécurité nationale dus à « des acteurs non étatiques et à un acteur étatique ». Le communiqué officiel annonce que « la Roumanie est une priorité parmi les actions hostiles de la Fédération de Russie ».

« Situation provisoire »

Le 1er décembre 2024, jour de la fête nationale, se sont tenues les élections législatives, jusqu’alors négligées. Le Parlement est enfin vu comme un rempart contre le candidat pro-russe qui menaçait de gagner, et plusieurs partis ont annoncé une large coalition pro-européenne, laquelle a obtenu la majorité, chaque parti avec des scores plutôt faible (PSD : 22, 30%, PNL : 14, 28%, USR : 12, 26% et UDMR : 6, 38%). En revanche, la future opposition souverainiste a progressé en atteignant 33%, en réunissant, outre l’AUR (18, 30%), d’autres petits partis : SOS, le parti poutiniste (7, 76%), et POT, le parti de Georgescu (6, 39%).

Pour affronter Călin Georgescu, Elena Lasconi avait reçu le soutien de Maia Sandu, la présidente de la Moldavie, du dissident Garry Kasparov qui voyait dans « ce duel présidentiel l’équivalant d’un référendum sur l’avenir euro-atlantique du pays », une lettre de six anciens ambassadeurs américains à Bucarest qui s’inquiétaient du fait que la Roumanie soit la cible d’une cyberattaque délibérée et massive d’un acteur étatique sur les médias sociaux, tandis que les étudiants de plusieurs grandes villes organisaient des manifestations pro-européennes. Mais, selon une enquête, 40% des jeunes, qui semblent ne rien savoir du passé fasciste et communiste de leur pays, ont déclaré qu’ils seraient prêts à vivre sous une dictature. Au cours des dernières décennies, le fossé entre les villes et les campagnes s’est considérablement creusé : les enfants des émigrés travaillant à l’Ouest, laissés-pour-compte dans les villages et les petites villes, abandonnent prématurément l’école, tandis que dans les grandes villes, les enfants de parents issus d’une importante classe moyenne travaillant dans le secteur privé sont préparés par des cours privés aux universités occidentales d’où ils ne reviennent jamais. Le projet « Roumanie éduquée » du président Johannis, dont on a beaucoup parlé, s’avère un échec.

Le 5 décembre 2024, le président Johannis a accepté la déclassification des rapports des services de renseignement et du ministère de l’Intérieur, qui révèlent la guerre hybride que mène en ce moment le gouvernement russe (85 000 cyberattaques auraient tenté de perturber l’organisation électorale roumaine). Dans le même temps, la popularité de Georgescu s’est renforcée, notamment grâce aux algorithmes d’une plateforme de médias sociaux. Le 6 décembre, la Cour constitutionnelle a annulé les élections et exigé que le processus électoral soit repris dans son intégralité. Elle a constaté que « le processus électoral a été entaché pendant toute sa durée et à tous les stades de multiples irrégularités, telles que la manipulation des électeurs par l’utilisation de la technologie numérique et de l’intelligence artificielle en violation de la loi, ainsi que le financement de la campagne à partir de sources non déclarées ». Bien que soutenue par les plus hautes instances juridiques d’Europe et des États-Unis, la décision d’annuler les élections (prise alors que la diaspora avait commencé à voter) a été accueillie avec soulagement, mais aussi avec colère et déception. La décision de la Cour constitutionnelle de prolonger le mandat du président sortant, Klaus Johannis, jusqu’à l’élection du prochain n’a pas non plus été très populaire.

La découverte que les libéraux avaient payé la publicité de Georgescu sur TikTok (par calcul stupide ou par complicité) a conduit au remplacement du général Nicolae Ciucă, le favori du président Johannis, en tant que président du parti libéral, par Ilie Bolojan, le maire d’Oradea. M. Bolojan est devenu président du Sénat, tandis que Ciprian Șerban (PSD) est devenu président de la Chambre des députés. Les socialistes (PSD) ont également obtenu le poste de Premier ministre, avec le retour de Marcel Ciolacu et de la plupart des ministres du précédent gouvernement. La coalition gouvernementale (PSD, PNL, UDMR, minorités) a fixé le premier tour des prochaines élections présidentielles au 23 mars 2025, et nommé un candidat commun, Crin Antonescu. C’est un libéral qui a quitté la vie politique depuis une décennie après avoir tenté en 2012 de suspendre le président Băsescu dans le cadre d’une alliance avec les socialistes. Mais il s’est finalement retiré de la course.

Elena Lasconi a contesté l’annulation des élections avec autant de véhémence que la coalition souverainiste et placé l’USR dans l’opposition. Elle envisage de se représenter, malgré un récent sondage qui, au cas où les élections n’avaient pas été annulées, ne lui donne que 29% des voix contre 48% à Călin Georgescu.

La candidature présidentielle indépendante du populaire maire de la capitale Nicușor Dan, qu’il vient d’annoncer, pourrait bouleverser les calculs de la coalition au pouvoir. Médaille d’or à l’Olympiade internationale de mathématiques, il a fait, lui, des études supérieures. Ancien élève de l’École normale supérieure de Paris, il est rentré en Roumanie titulaire d’un doctorat en mathématiques de l’université Paris XIII. Pour le moment, il n’est placé que troisième dans les intentions de vote, le premier restant Călin Georgescu.

Celui-ci est surtout soutenu par des personnes peu éduquées, issues de zones rurales, mais aussi par des personnes disposant de ressources importantes ou occupant de bonnes positions, influencées par une propagande pro-russe très active, des récits anti-ukrainiens, anti-américains, anti-européens, etc. Cependant, la première crainte des Roumains demeure l’extension chez eux de la guerre en Ukraine.

Dans quelle mesure les médias et les institutions publiques sont-ils encore infiltrés par des agents russes ? Vieille interrogation… Certains pensent que la Russie n’est jamais partie, qu’elle serait présente à différents niveaux et disposerait de réseaux d’influence qu’elle active en cas de besoin. C’est ce que semble penser Emilian Isailă, un des journalistes qui ont raconté l’enterrement, avec tous les honneurs militaires, en présence d’anciens diplomates et de hauts officiers de renseignements, en juillet 2024, de Mihai Caraman (96 ans). Diplomate, espion à Paris au temps de la guerre froide (1958-1964), Mihai Caraman avait volé des documents militaires dans les bureaux de l’Otan et les avait transmis au KGB. En janvier 1990, le président Ion Iliescu l’avait nommé à la tête du service de renseignement extérieur, signalant ainsi à l’Occident que la Roumanie ne rejoindrait pas l’Otan. Expulsé après la chute de l’Union soviétique, il aurait entretenu des restes de son réseau. Călin Georgescu en ferait partie. Rien n’est prouvé, sinon que ce dernier dispose d’une masse importante d’électeurs, retraités de l’armée et de l’ancienne Securitate, façonnés par le nationalisme de Ceaușescu.

Doit-on pour autant s’attendre au sombre avenir d’une Roumanie manipulée, aux mains des algorithmes démagogues et des influenceurs modernes ? Je ne suis pas la seule à être plus optimiste : « Certes, nous avons une période difficile devant nous – tenir des élections annulées, changer l’image de la Roumanie vis-à-vis de nous-mêmes et du reste du monde – qu’il faut régler dès le début de l’année 2025… Mais plus nombreux qu’on ne le dit sont les Roumains en Roumanie et dans la diaspora, compétents dans tous les domaines. De bonne foi, ils sont prêts à participer à la réforme des institutions de l’État… Nous sommes trop de bonnes personnes pour ne pas réussir », a déclaré le maire de Bucarest à la veille de Noël, Nicușor Dan. Jusqu’à Monsieur V., mon voisin, qui m’a dit avoir mis les choses au clair conceernant Călin Georgescu : il sait maintenant tout sur lui et ne votera plus pour lui.

Comme d’habitude, la situation de la Roumanie n’est que provisoire…