Albert Memmi par Claude Truong-Ngoc, le 8 décembre 1982
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Les quatre vérités d’Albert Memmi

À propos du postcolonial au Maghreb

par

Guy Dugas

Profondément individualiste, jamais Memmi ne s’est assujetti au moindre esprit ni à la moindre chapelle.

J’ai trop entendu d’approximations, d’aberrations et de contre-vérités dans les commentaires qui ont suivi la récente disparition d’Albert Memmi (Tunis, 15 décembre 1920 – Paris, 22 mai 2020) pour ne pas réagir et donner mon point de vue. Moins en tant que proche ou ami, sympathisant de telle ou telle des causes ou partisan de telle ou telle chapelle, qu’en tant qu’universitaire, spécialiste de son œuvre et de cette littérature judéo-méditerranéenne dont il fut l’un des phares, au-delà des minorités culturelles dans le monde arabe. Mise au point qui sera faite à sa manière, en énonçant de façon claire et sans détours quatre vérités s’articulant les unes aux autres et s’appuyant sur son œuvre, qui illustrent ce que fut cette pensée, ses vertus et ses limites, mieux que ne le feraient plaidoyers ou épanchements.

L’identité et la différence

On connaît le passage célèbre de La Statue de sel où le héros, Alexandre Moredkhaï Benillouche, entrant au lycée français, interroge son identité face à la diversité des conditions représentées dans l’établissement. Né juif, pauvre de surcroît

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