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City Hall, le goût de la démocratie

Le film de Frederick Wiseman se présente comme une ode tranquille à la démocratie participative dans ce qu’elle a de plus laborieux mais aussi de plus émouvant.

Avec City Hall, le plus parisien des documentaristes américains, Frederick Wiseman, revient à Boston, sa ville natale, pour y raconter le quotidien des institutions municipales. Dans la droite ligne de ses quarante-deux films précédents, le cinéaste campe sa caméra – et sa perche – dans les halls officiels, au croisement des rues, et jusque dans les plus petites officines de cette municipalité progressiste de la côte Est, la onzième plus grande des États-Unis, une des plus cosmopolites aussi, dirigée depuis 2013 par le maire démocrate Martin Walsh. Wiseman signe un monument de quatre heures et trente minutes, aussi enthousiasmant par son ambition – observer les rouages de la démocratie locale – qu’accessible. Si la durée assumée est depuis longtemps chez Wiseman une marque de fabrique, ce film semble répondre, plus encore que les précédents, à l’impératif que s’est donné le réalisateur : faire du documentaire non pas un outil d’étude à prétention académique, mais bien une modalité du cinéma, c’est-à-dire un art de la révélation.

Pour la première fois, le film fait émerger une figure centrale, celle de Martin Walsh, maire issu de la communauté irlandaise catholique,

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