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Antonello da Messina
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Daniel Arasse, le regard et l’histoire

Historien érudit, Arasse s’interrogeait sur la méthode des historiens, sur leur positivisme, sur la place du récit. Si le regard lance l’enquête historique dans les livres de Daniel Arasse, c’est parce qu’il se laisse surprendre par la découverte de ce qui est visible et se trouvait déjà là, en attente d’être vu.

Daniel Arasse n’a probablement pas écrit les scénarios de la série policière qu’il projetait. Le personnage principal en était l’inspecteur Morelli. Je me le représente comme le commissaire de Gadda, avec, sur la chemise, des taches d’huile d’olive de son Molise natal. Mais l’on peut tout aussi bien lui prêter l’élégance raffinée et la barbe taillée en sabot de son homonyme Giovanni Morelli, l’inventeur, à la fin du xixe siècle, d’une méthode d’attribution des œuvres d’art fondée sur l’attention à des détails si précis et ténus (manières de peindre les poils des cils, la coupe des ongles, etc.) qu’ils semblent échapper à la volonté de l’artiste et en forment donc comme une signature stylistique. Quoi qu’il en soit de son aspect physique, l’inspecteur Morelli résolvait les énigmes les plus ardues posées par des peintures : œuvres en imitant d’autres, sens cachés dans des détails évidents et pour cette raison même introuvables, rébus…, au moyen de son seul regard. Ce regard exceptionnellement sagace dont Arasse dotait sa créature, il ne pouvait l’e

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