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Les trois crises de la justice

mars/avril 2011

#Divers

Le mouvement de protestation des magistrats français, faisant suite aux déclarations du président de la République sur l’affaire de Pornic, inédit depuis les grèves des parlementaires à la fin du xviiie siècle, est le symptôme d’une triple crise.

Crise du politique, tout d’abord, qui sature d’émotions le débat public : les victimes sont appelées par leur prénom, on s’indigne que les magistrats ne respectent pas le deuil de leur famille et l’on attend des juges de la compassion voire de la contrition, au risque d’oublier qu’ils doivent agir ex officio. Une telle attitude dénature le rôle même de la justice qui se doit de rester à l’écart des passions. Les juges n’ont pas à s’apitoyer sur le sort des victimes, ni à faire la morale aux accusés : ils ont à juger dans la sérénité, de façon équilibrée et impartiale. Or, en jouant les victimes contre l’institution judiciaire, le président de la République met en permanence les magistrats en porte à faux. Son parti pris systématique en faveur des victimes dont il épouse la douleur et les excès, étonne de la part du chef de l’État qui est le garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire, et donc aussi de son impartialité. Il est �

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Antoine Garapon

Magistrat, juge pour enfants, il a fondé l'Institut des Hautes Etudes sur la Justice (IHEJ), où il observe les mutations de la place du droit dans nos sociétés. il anime sur France culture une émission consacrée à la pensée juridique, "Le Bien commun". Il a développé sous le même nom une collection d'ouvrages, aux éditions Michalon, qui permettent de présenter des auteurs qui, sans être juristes,…

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