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Une gauche « ringardisée » par la mondialisation ?

septembre 2016

#Divers

La mondialisation est une nouvelle forme symbolique, qui remplace le jugement par le calcul et le droit par le fait. Elle affaiblit ainsi la posture critique des sujets qui sont poussés à devenir exploiteurs d’eux-mêmes, ainsi que les États qui sont invités à renoncer à leur souveraineté.

La mondialisation a pris la gauche au dépourvu. Celle-ci s’est défendue en la désignant comme une nouvelle cible, mais ses coups ne porteront pas tant qu’elle n’aura pas pris la mesure des transformations en cours. Car la mondialisation n’est ni un agrandissement de l’espace, ni un changement d’échelle, pas plus qu’elle ne se résume à une nouvelle « révolution industrielle », terme au demeurant ambigu1. Elle est un phénomène social global, un nouveau milieu de vie qui oblige la gauche à se repositionner. Paul Valéry le constatait déjà :

Les habitudes, les ambitions, les affections contractées au cours de l’histoire antérieure ne cessent point d’exister – mais insensiblement transposées dans un milieu de structure très différente, elles y perdent leur sens et deviennent causes d’efforts infructueux et d’erreurs2

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Antoine Garapon

Magistrat, juge pour enfants, il a fondé l'Institut des Hautes Etudes sur la Justice (IHEJ), où il observe les mutations de la place du droit dans nos sociétés. il anime sur France culture une émission consacrée à la pensée juridique, "Le Bien commun". Il a développé sous le même nom une collection d'ouvrages, aux éditions Michalon, qui permettent de présenter des auteurs qui, sans être juristes,…

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Ce dossier de rentrée est consacré à l’avenir de la gauche : non pas l’avenir électoral incertain de partis moribonds, mais le projet de société que les amis de l’égalité sont encore capables de nous faire espérer. Ce dernier doit affronter le défi de la mondialisation, à rebours du déni souverainiste et du renoncement néolibéral, en s’inspirant des dynamiques de la société civile.