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Comment le verbe, rançon de vie de Shéhérazade, signe la mort des intellectuels

Pourquoi la liberté d’expression est-elle si difficile dans le monde arabe et oriental ? Pourquoi tant de journalistes, au Liban notamment, paient-ils de leur vie leur volonté d’indépendance vis-à-vis du pouvoir ? Cet hommage à Samir Kassir est aussi un appel à rompre avec un mensonge collectif.

L’assassinat prémédité, mille et une fois reporté et avorté de Shéhérazade par Shahrayar est incontestablement le plus beau et le plus poétique complot criminel de toute la littérature arabe, même si l’origine des Nuits est perse avant que l’œuvre colossale du patrimoine – désormais – arabo-musulman ne soit traduite en arabe au viiie ou ixe siècle.

C’est par le verbe que Shéhérazade joue avec la mort pour sauver sa vie, et libérer ainsi par le biais de son corps et de sa parole toutes les femmes du royaume de la tyrannie misogyne du sultan, son mari. La parole est instrumentalisée par elle comme une rançon de vie.

C’est en ce sens que tout lecteur des Nuits reste perplexe face à la contradiction schizophrène qui se tisse entre le songe et le «&

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