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Les récidives de la gnose (entretien)

mars/avril 2014

#Divers

Le gnosticisme, qui identifie le monde au mal, et en un sens le refuse, renaît aujourd’hui non plus comme une doctrine mais comme une réalité objective. Le déni du monde s’incarne dans des espaces urbains sans lien avec leur environnement, dans des produits de la technologie moderne qui rendent l’homme étranger au monde qu’il habite.

Esprit – Les premières occurrences du terme « nihilisme » sont d’origine théologique, plus précisément gnostique. La première forme du « nihil » serait le monde sensible identifié, dans la tradition gnostique, au mal et à la dépravation. Un certain nombre de philosophes contemporains ont vu dans la modernité une résurgence de la gnose : c’est le cas de Voegelin1 dans sa critique du totalitarisme, de Jonas2, qui voit dans le subjectivisme contemporain un rejet de la nature et de la vie, ou encore de Hannah Arendt3, qui insiste sur la haine du monde comme ressort de la désolation contemporaine. Que faut-il penser de ces rapprochements entre la gnose, le nihilisme et l’époque contemporaine ? Y a-t-il, selon vous, des ressources critiques dans

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