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René Girard : celui par qui le scandale arrive

janvier 2016

#Divers

René Girard est décédé le 4 novembre 2015 à Stanford, à l’âge de 91 ans. Salué dans le monde entier, il a aussi reçu en France un hommage impressionnant. À l’heure où la connaissance de son œuvre entre dans une nouvelle phase, où de jeunes chercheurs s’intéressent de façon très stimulante à ses thèses, moins pour en faire un système clos que pour les articuler à d’autres, qui lui furent et lui sont encore contemporaines1, il est bon de rappeler le rôle décisif que joua Esprit dans sa réception française, cela dès 19732. La revue, qui avait ouvert l’année par un débat sur l’Anti-Œdipe de Gilles Deleuze et Félix Guattari, la terminait en consacrant en novembre à la Violence et le sacré (paru chez Grasset en 1972) un dossier complet, qui achevait de placer cet ouvrage dans le palmarès des livres qui marquèrent l’année 1972. Ce dossier donna ainsi à René Girard l’occasion de revenir sur son parcours, mais surtout d’abattre sa dernière carte – à savoir la troisième thèse de sa théorie, portant sur « l’écriture judéo-chrétienne », dont plusieurs critiques avaient déjà repéré la présence dans Mensonge romantique et vérité romanesque (paru chez Grasset en 1961), dans son essai sur Dosto�

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