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Fractures maliennes

Avec l’opération Serval, la France s’est fortement engagée au Mali, et elle y restera au-delà même de la phase militaire actuelle. Elle est intervenue dans un espace où sa présence active une mémoire ancienne, liée à l’histoire coloniale. À la fin de la période coloniale, elle a imaginé le rassemblement des Touaregs sous une forme spécifique, l’Organisation commune des régions sahariennes (Ocrs), dont le souvenir ne semble pas s’être complètement effacé. À quoi correspond ce qu’on appelle ce « sentiment national touareg » et la revendication d’une indépendance de l’Azawad ? Est-ce la question du nomadisme ?

Peut-on parler d’un sentiment national touareg, et le lier à la revendication d’indépendance de l’Azawad ? Je ne le pense pas. Évoquer un « sentiment national » chez les Touaregs serait admettre qu’il existe une revendication pantouareg sur l’ensemble de l’espace où vivent les populations participant de cette culture, et cherchant à rassembler le nord du Mali, du Niger et du Burkina-Faso, le sud de l’Algérie et une partie de l’est de la Libye. Or une telle revendication n’a jamais été avancée. De fait, l’histoire de longue durée montre que les Touaregs n’ont jamais été unis

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