Le drapeau de l'Allemagne réunifiée est hissé le 3 octobre 1990 devant le Reichstag | Via Wikimedia
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Un mur d’incompréhension

L’Allemagne, trente ans après la réunification

Il existe encore une différence importante entre les citoyens de l’Est et de l’Ouest de l’Allemagne, qui touche aux profils socio-économiques ainsi qu’aux sensibilités politiques, et résulte d’un héritage distinct. Face à cette incompréhension, la génération née après la chute du Mur entend rouvrir le débat sur la réunification.

Trente ans après la réunification, l’Allemagne semble être dans une position ambivalente. D’un côté, quel que soit le gouvernement en place, l’État fédéral a accompli des efforts ininterrompus et dépensé sans compter pour arrimer la partie orientale, en grande difficulté économique après 1990, au reste du pays, nettement plus développé. De l’autre, il existe toujours des différences de rémunération, de niveau de vie, de patrimoine ou de produit intérieur brut par habitant entre la partie occidentale et la partie orientale, différences qui ne sont pas toujours bien comprises ni acceptées par les citoyens de l’Est. De même, les habitus, les référentiels historiques et culturels et les valeurs des Allemands de l’Est et de l’Ouest présentent des divergences parfois notables. Enfin, et c’est peut-être le plus troublant, le comportement électoral des uns et des autres demeure différent sur toute la période. En trente ans, on ne repère pas de convergence politique, comme on repère une convergence économique1. Lors du dernier scrutin législatif d’octobre 2017, qui a vu la « grande coalition » formée par la CDU

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Boris Grésillon

Professeur de géographie à l’université d'Aix-Marseille, chercheur au centre Marc Bloch de Berlin, Boris Grésillon a notamment coordonné, avec Béatrice Giblin, le numéro spécial « L’Allemagne, trente ans après » de la revue Hérodote (novembre2019).

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Force structurante de notre modernité, le libéralisme concentre ces dernières années toutes les critiques. Mais lorsque certains fustigent la société du tout marché, l’individualisme et l’égoïsme contemporains, l’élitisme, les inégalités ou l’autoritarisme, est-ce bien à l’idée libérale qu’ils en ont ? La démocratie peut-elle se passer du libéralisme ? C’est à ces questions que s’attache ce dossier, coordonné par Anne-Lorraine Bujon. Le libéralisme y apparaît d’abord comme une tradition plurielle, capable de se renouveler et de se combiner avec d’autres courants de pensée politique. Timothy Garton Ash le définit comme une méthode plutôt qu’un système : « une quête interminable pour déterminer le meilleur moyen de bien vivre ensemble dans les conditions de la liberté ». À quelles conditions, et dans quelles formes nouvelles peut-on défendre aujourd’hui l’idée libérale ? À lire aussi dans ce numéro : l’Allemagne après la réunification, les pays baltiques, la mémoire selon Ernest Pignon-Ernest, une lecture de Nœuds de vie de Julien Gracq, et la vie de Konrad von Moltke, le délégué de la nature.