Dans le même numéro

L'impasse du national-présidentialisme (entretien)

février 2012

#Divers

Comment concevoir, dans la situation actuelle, une campagne qui ne parlepas d’Europe ? C’est pourtant le cas, car l’élection présidentielle enfermeles candidats dans le cadre hexagonal. Dès lors, comment ces dernierspourraient-ils animer ce grand débat politique dont ce rendez-vous devraitêtre l’occasion ?

Esprit – Vous vous êtes à plusieurs reprises exprimé sur le système politique français, regrettant son excessive présidentialisation. Comment celle-ci se manifeste-t-elle dans un contexte où la souveraineté des États et les capacités des politiques à peser sur la crise sont lourdement remises en question?

Daniel Cohn-Bendit – Ce que l’on observe dans les campagnes présidentielles en France, c’est que plus les candidats ont de chances de gagner – ou plus ils pensent qu’ils ont des chances de gagner – plus ils entrent dans le jeu de ce que j’appelle le « national-présidentialisme », en se lançant dans un discours qui consiste à dire : « Si je suis élu(e), tout va changer en France, car je suis le/la seul(e) à pouvoir mener ce pays. » En faisant cela, on attribue tout le pouvoir décisionnel au président, et à

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !