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La greffe pentecôtiste

Le pentecôtisme participe moins d’un réenchantement que d’une adaptation à la nouvelle donne économique et sociale tant au Sud qu’au Nord. En cela, la mondialisation en cours a bien une dimension religieuse.

Partout en Amérique latine et en Afrique – mais aussi dans les quartiers d’immigrants des pays du Nord – de petits temples sont pavoisés aux noms bigarrés. Les soirs de culte, des femmes, mais aussi des hommes, munis de bibles, y affluent. Qualifiées de « sectes américaines » par l’Église catholique, ces petites Églises ont depuis longtemps pris un essor autonome. Le pentecôtisme en est la forme majeure : il prétend que les dons de l’Esprit saint, ces dons symbolisés par la flamme posée sur la tête des disciples de Jésus le jour de la Pentecôte et rapportés dans les Actes des apôtres, sont toujours actuels. Bien que l’exaltation qui accompagne cette croyance et qui se manifeste notamment dans le « parler en langues » (glossolalie) soit jugée parfois suspecte, la foi dans l’actualité des dons de l’Esprit saint n’est jugée hérétique ni par l’Église catholique, ni par les grandes confessions protestantes. Au contraire, dans toutes les Églises, une effervescence charismatique, qui correspond à cette croyance, se

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