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Le fondement du fondamentalisme

mars/avril 2017

#Divers

Le terme de « radicalisation » et son pendant, la « déradicalisation », font partie de ces concepts flottants qui se cristallisent à un moment donné de l’histoire. La radicalisation est aujourd’hui un phénomène dont l’invocation récurrente semble attester d’une existence objective, que ce soit dans l’identification de problèmes de société ou dans l’élaboration des remèdes permettant de l’éradiquer. Mais de quoi parle-t-on au juste ?

La tendance est à la polarisation de l’explication du phénomène entre ce qu’on pourrait appeler « islamologisme » et sociologisme. Le premier extrême prétend expliquer l’agir des musulmans à partir des fondements textuels de la loi islamique. L’autre extrême répudie le premier et affirme que ce sont seulement les conditions sociales, économiques et politiques des sociétés musulmanes qui permettent de rendre compte de la réalité des musulmans d’aujourd’hui. L’un et l’autre extrême échouent à rendre compte adéquatement du phénomène de la radicalisation, parce qu’ils oublient que celle-ci consiste en une perspective humaine relative à un corpus normatif, autrement dit en une lecture qui transforme un objet ontologiquement subjectif (une norme) en une réalité

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