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Dans le même numéro

Paul Ricœur et les « clairières » de la reconnaissance

juillet 2008

#Divers

Bien que Ricœur envisage avec réticence le projet d’une « politique de la reconnaissance », qui risque d’armer une lutte insatiable des subjectivités, il défend la possibilité de parvenir à des trêves et même des moments heureux, qu’il désigne par la métaphore des « clairières », dans la reconnaissance mutuelle.

Le concept de reconnaissance fait l’objet de développements épars dans l’œuvre de Ricœur mais constitue un axe de réflexion cohérent. Il a trois « idées mères1 » : l’identification (reconnaître quelqu’un ou quelque chose qu’on connaît), l’acceptation (reconnaître la vérité, reconnaître une autorité) et la gratitude (être reconnaissant). C’est son glissement actuel de la morale vers la politique qui mérite, selon Ricœur, qu’on s’y arrête dans la mesure où la demande de reconnaissance tend à imposer exclusivement la voix passive (être reconnu) et fait ainsi peser le risque d’un « enfermement subjectif » (revendications identitaires, logique victimaire, etc.). Il propose donc de penser la reconnaissance dans le cadre d’une anthropologie fondamentale insistant sur la notion de capacité, afin que la norme ne se trouve pas indexée sur le désir, et la politique sur la psychologie. Manifestement peu convaincu par l

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