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Quand l'État russe l'emporte sur Internet

février 2017

Pour comprendre l’influence russe et son exercice, dans le pays même comme à l’étranger, il faut abandonner les théories de la conspiration et s’intéresser à la complexité des pratiques médiatiques dans le monde contemporain.

L’incrédulité suscitée par l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis a suscité en retour une vague d’inquiétude à l’égard de l’influence russe dans la politique intérieure des États occidentaux. Face à un résultat électoral inconcevable, la recherche d’explications rationnelles a conduit de nombreux analystes à tourner le regard vers Moscou. Comment comprendre l’issue de ce scrutin si ce n’est comme le résultat d’une ingérence extérieure dans la politique américaine ? Or la Russie présente toutes les caractéristiques du suspect idéal : un régime autoritaire personnalisé et vindicatif, un retour affirmé sur la scène internationale au mépris du droit, une politique conservatrice revendiquée, une présence médiatique croissante à l’étranger. « Guerre froide », « cyberespionnage », « propagande » ou « désinformation » font les gros titres de la presse internationale, recyclant au fond les vieux thèmes de l’agit-prop soviétique. Le risque est que l’affrontement de lieux communs ne fasse office de débat politique. Pour repenser l’influence russe et son exercice, dans le pays même comme à l’étranger, il faut abandonner les théories de la conspiration et s’intéresser à la complexité des pratiques médiatiques dans le monde contemporain.

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Françoise Daucé

Françoise Daucé est directrice d'études à l'EHESS et membre junior de l'IUF. Elle étudie les relations entre l’Etat et la société en Russie. Ses travaux portent sur les formes de domination politique, à la fois coercitives et libérales, qui s’exercent dans différents domaines : l’armée, la société civile et les médias.…

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